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LANGUES ET RESSOURCES HUMAINES

Apprenez une langue étrangère tout en restant chez vous



Profiter d’être chez soi pour apprendre une nouvelle langue. (Crédit: Prolingua)

Profiter d’être chez soi pour apprendre une nouvelle langue. (Crédit: Prolingua)

Quelles décisions prendre dans l’urgence, comment rassurer ses clients, et comment préparer l’après? Entreprise indépendante dédiée à l’apprentissage des langues étrangères, Prolingua fait face à la crise sanitaire avec vaillance et prépare déjà la sortie de crise, notamment grâce aux perspectives offertes par le digital dans l’enseignement à distance. Rencontre avec Naouelle Tir, Directrice Générale Adjointe, et Marc Kesch, Directeur de Prolingua.

Avant toute chose, comment allez-vous? Vos équipes? Quel regard portez-vous sur la situation actuelle?

Naouelle Tir: «Nous sommes dans l’expectative comme tant d’autres entreprises ces dernières semaines. Mais nous restons optimistes, et nous nous accrochons. Nous sommes en contact permanent avec les équipes, qui vont bien, et sont, comme nous, confinées à la maison. Quoi qu’il en soit, je reste confiante, j’ai bon espoir que la situation s’éclaircisse très bientôt.

Au nom de toute l’équipe Prolingua, je voudrais d’ailleurs saluer le personnel soignant, le personnel de sécurité et tous les gens qui travaillent face au coronavirus, ainsi que l’État luxembourgeois pour sa communication claire envers les entreprises.

Marc Kesch: «De mon côté, j’ai quand même quelques inquiétudes et incertitudes, car nous ignorons complètement où nous allons. Nous ne savons pas où nous serons dans 6, 12 ou 24 mois. Il est évident que pour survivre à cette crise, il faut faire pas mal de dettes, dettes qu’il faudra bien rembourser un jour. Il faut donc déjà réfléchir à des stratégies permettant de générer assez de revenus pour assumer cet endettement. Cela dit, nous étions, jusqu’au 16 mars, une société qui fonctionnait très bien, nous avons donc quelques réserves, et nous espérons bien nous en sortir indemnes.

Comment l’entreprise Prolingua s’est-elle concrètement adaptée suite aux décisions gouvernementales?

Naouelle: «Nous avons d’abord pris des décisions liées à l’urgence, et nous sommes à présent plus dans la stratégie, comme vous le disait Marc. Pour le moment, nous avons une petite équipe qui fait le suivi administratif et s’adapte le plus possible à la demande de cours à distance, avec le peu de professeurs disponibles que nous avons. Nous sommes aussi en train de mettre en place ce dispositif de façon plus conséquente, cette fois non plus à court terme, mais à moyen et long terme, pour préparer l’après-coronavirus. 

Marc: «Ce qui est très complexe en ce qui concerne la partie administrative ou financière, dont je m’occupe, c’est que nous ne disposons pas de beaucoup d’informations, il faut se contenter de suivre les consignes qui arrivent au compte-gouttes. Nous vivons au jour le jour, selon ce que le gouvernement nous autorise à faire ou non, selon les possibilités que nous avons avec une équipe extrêmement restreinte.

Quelles étaient les principales inquiétudes de vos clients? Comment y avez-vous répondu?

Naouelle: «Cela faisait déjà un mois que nos locaux étaient pourvus de distributeurs de gel hydroalcoolique et d’affiches indiquant la nécessité de bien se laver les mains. Le 15 mars, lorsque le Premier ministre a annoncé que tous les lieux qui recevaient du public devaient fermer, nous nous sommes immédiatement pliés à cette injonction gouvernementale. Nous avons alors été ensevelis d’e-mails de personnes pensant que la situation ne durerait pas plus de 15 jours, et qui souhaitaient donc reporter leurs cours, puis de personnes demandant à faire des cours à distance.

Marc: «En tant que citoyen, on constate que l’autosuffisance du pays n’est pas assurée. La mondialisation fait que nous sommes dépendants les uns des autres, et l’Europe doit donc apprendre à pouvoir survivre seule. Prenons l’exemple des masques, on voit bien qu’un produit relativement simple comme celui-là n’est pas disponible pour la majorité des gens.

Le digital, et ses différentes applications, est-il un moyen viable d’apprendre à distance, sur le long terme?

Naouelle: «Nous avons toujours pratiqué les cours à distance, mais la force de Prolingua, c’est que le professeur qui fait le cours à distance est aussi celui qui donne le cours en face à face. Il connaît donc ses apprenants et crée des liens avec eux. Il faut cependant bien admettre qu’il y aura un avant et un après-coronavirus, où le digital aura un très très grand rôle à jouer en tant qu’outil d’apprentissage. Une nouvelle génération de professeurs va émerger, qui sera totalement rompue à l’exercice de l’enseignement grâce au digital. Prolingua est une entreprise à taille humaine, qui sait réagir vite et être agile, nous saurons nous adapter à ces nouvelles façons d’apprendre.

Marc: «Après cette crise, tout le monde aura pris le goût et l’habitude de travailler de cette façon. Je trouve que le télétravail a plein d’avantages, même s’il présente quelques limites dans certains contextes. Je pense notamment aux longues réunions de travail qui s’étendent sur 3 ou 4 heures, où le présentiel est moins fatigant et complexe à gérer que le digital, ou bien aux problèmes de compatibilité entre les différents logiciels.

Cette période n’est-elle pas une opportunité de monter en compétences sur l’apprentissage des langues?

Naouelle: «Absolument! D’ailleurs, nous recevons beaucoup d’e-mails disant: ‘Maintenant que j’ai du temps, je voudrais prendre du temps pour apprendre une langue.’ Nous-mêmes, nous apprécions de suivre une séance de yoga ou de gym donnée par un coach sportif sur Youtube ou Facebook. Et puis, au-delà de l’apprentissage en lui-même, ce cours à distance est un lien social autre que le lien familial, c’est une bouffée d’oxygène dans une journée de confinement, qui n’est pas toujours simple à gérer.»

Marc: «Tout à fait d’accord sur ce point, même si je dirais qu’en tant qu’entreprise, nous faisons face à certaines difficultés pour la mise en place de ces dispositifs. À la différence d’un coach sportif, nous avons besoin d’un peu plus de temps pour nous organiser.»

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