ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

L’impact du coronavirus sur le tourisme

Une année touristique à 30% pour Sales-Lentz



Le Covid-19 a mis à l’arrêt une grande partie des bus de Sales-Lentz, en particulier ceux qui servent au tourisme. (Photo: Anthony Dehez/Archives Paperjam)

Le Covid-19 a mis à l’arrêt une grande partie des bus de Sales-Lentz, en particulier ceux qui servent au tourisme. (Photo: Anthony Dehez/Archives Paperjam)

Sales-Lentz prévoit de ne pas dépasser 30% de ce qui était prévu en termes de chiffre d’affaires en 2020 pour la partie tourisme. L’entreprise cherche des alternatives pour contrer les effets du Covid-19, comme transformer ses cars en salles de classe.

Agence de voyages, tour-opérateur, autocariste… L’entreprise Sales-Lentz multiplie les casquettes. Même si chaque activité touristique comporte ses spécificités, le Covid-19 les met toutes à l’arrêt.

«Nous nous retrouvons dans une situation comme nous n’en avons jamais vu dans l’histoire du groupe», décrit Marc Sales, associé. Sur toute l’année 2020, il s’attend à réaliser seulement 30% du chiffre d’affaires prévu pour la partie tourisme, dont il ne communique pas le montant. Cette projection prend en compte les voyages réalisés en début d’année, et ceux, il l’espère, qui reprendront fin 2020. Le tourisme représente 50% de l’activité de l’entreprise. Le reste concerne les transports, aussi touchés par la crise. Au total, le groupe pense réaliser 45% du chiffre d’affaires espéré.

4.000 à 4.500 euros de frais fixes par mois pour les véhicules

Près de 80% de ses 420 salariés dans les activités touristiques (sur 1.500 au total) ont été mis au chômage partiel. Car même si les réservations se font rares en cette période, il reste des éléments à gérer. «Dès qu’un tour-opérateur annule, nous devons nous adapter. Par exemple, nous savons déjà que la probabilité que Luxair reprenne les vols le 30 mai est faible. Mais tant que les vols de juin n’ont pas été annulés, nous ne pouvons pas réagir auprès des clients (les contacter pour les prévenir, leur proposer un report, etc.). Nous sommes toujours dans l’attente», détaille Marc Sales. Ses agents ont déjà dû décaler des réservations de Pâques à la Pentecôte, puis de nouveau pour l’été. «Les mêmes dossiers, nous les reprenons plusieurs fois», explique-t-il. L’entreprise a aussi dû gérer beaucoup de rapatriements au début de la crise, même si cela n’a pas forcément augmenté ses coûts.

Concernant les excursions en autocar, «elles attirent majoritairement les personnes âgées, nous ne voyons pas comment nous pourrions encore faire des voyages cette année», s’interroge-t-il. De même, il peine à envisager des excursions scolaires en 2020. Aujourd’hui, 110 véhicules touristiques dorment dans des hangars, pour des frais fixes allant de 4.000 à 4.500 euros par mois.

«J’ai lancé une idée sur Facebook. En levant les sièges et en ajoutant des tables, nous pourrions transformer nos cars en classes scolaires», imagine-t-il. L’initiative, repérée chez un confrère allemand, aiderait les écoles à reprendre les cours en classes réduites pour respecter les règles de distanciation sociale. Marc Sales attend le retour de différentes communes. Le coût de la location reste confidentiel, pour des bus accueillant 10 à 12 élèves. Il songe à appliquer le même système pour faire de certains cars des espaces de visite dans les maisons de retraite .

75% d’activité en 2021

Même pour les affaires, on ne voyage plus. L’activité de «business travel» du groupe se retrouve elle aussi à l’arrêt. «Un certain nombre d’entreprises vont diminuer les déplacements, même après la crise», s’inquiète Marc Sales. Il espère en revanche que son service limousine séduira les hommes et femmes d’affaires qui préféreront éviter les aéroports et les transports en commun. Une alternative qu’il proposera aux 300 sociétés qu’il compte parmi ses clients business.

Ces solutions pourraient éviter la casse. Pour reprendre l’activité, l’entreprise reste dépendante de la réouverture des frontières des destinations de voyages. Puis du retour ou non des clients. Elle leur a envoyé la semaine dernière un sondage, afin de savoir à partir de quand ils seront prêts à repartir à l’étranger, et quels moyens de transport ils pensent privilégier. Une manière d’adapter son offre en conséquence.

«Je pense qu’en 2021, nous serons à plus ou moins 75% du chiffre d’affaires de 2019», estime Marc Sales. Il ne s’attend pas à un retour à une situation normale «tant qu’il n’y aura pas de vaccin». Pour tenir le coup, le groupe espère continuer de recevoir le chômage partiel jusqu’à la fin de l’année, même si l’activité reprend en partie.