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L’ancien roi Juan Carlos va quitter l’Espagne



Englué dans différents scandales, l’ancien roi Juan Carlos a décidé de quitter son pays. (Photo: Shutterstock)

Englué dans différents scandales, l’ancien roi Juan Carlos a décidé de quitter son pays. (Photo: Shutterstock)

Inquiété par une enquête pour corruption, l’ancien roi d’Espagne Juan Carlos a annoncé à son fils, Felipe VI, sa volonté de quitter le pays. Le seul choix possible pour protéger la monarchie.

L’ancien roi d’Espagne Juan Carlos a annoncé lundi dans une lettre à son fils, le souverain Felipe VI, sa volonté de quitter l’Espagne. Une décision prise par la volonté «de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que roi». Ni la date de son départ ni sa destination ne sont connues.

De nombreux scandales

La décision a été prise en lien direct avec l’ouverture, au début du mois de juin, d’une enquête de la Cour suprême espagnole qui doit établir si Juan Carlos a une responsabilité pénale dans une affaire de corruption. Des soupçons existent quant à un pot-de-vin de 100 millions de dollars versés par l’Arabie saoudite, qui avait confié la réalisation de la ligne TGV de La Mecque à un consortium espagnol. Un dossier rendu public suite à la divulgation d’enregistrements de l’ancienne maîtresse de Juan Carlos, qui évoquait ces versements.

Si seuls des faits commis après son abdication, en 2014, peuvent lui être reprochés, l’ancien roi a bien pris conscience des «conséquences publiques de certains événements passés de [s]a vie privée». Il est vrai que ce n’est pas la première fois que la famille royale et Juan Carlos suscitent une forte indignation. En 2018, Inãki Urdangarin, gendre de Juan Carlos, est condamné à 5 ans et 10 mois de prison pour détournement de fonds publics. Il purge actuellement sa peine dans une prison au nord de Madrid. Son épouse, l’Infante Cristina, écope d’une lourde amende. Depuis plusieurs années, l’ancien roi suscite la polémique quant au côté opaque de sa fortune personnelle, des montants importants placés en Suisse, des transactions effectuées via des paradis fiscaux… 

Chasse à l’éléphant au Botswana

Dans un autre registre, Juan Carlos avait aussi semé la consternation en 2012 quand il s’était fracturé une hanche lors d’une partie de chasse à l’éléphant au Botswana. Ce qui n’était pas une première pour lui, puisqu’une photo avait été déjà prise en 2006 lors d’une autre chasse au pachyderme. Chaque éléphant abattu coûtant de 20 à 37.000 euros au chasseur. Juan Carlos était alors président d’honneur du WWF Espagne, fonds de protection de la nature.

C’est en tout cas une triste fin de règne et de vie pour un souverain qui avait su aider son pays à tourner la page du franquisme. La seule issue possible cependant, notent de nombreux analystes, afin de protéger le trône espagnol.