Des signatures en veux-tu, en voilà. Des feutres jetés dans une foule extatique. Au premier jour de son mandat, le président américain, Donald Trump, a d’abord et avant tout soigné le show, sous les yeux attendris des patrons de la tech, des chefs d’État, de partis ou de mouvements conservateurs, et des milliardaires triés sur le volet.
Au milieu de cette explosion d’executive orders – dont le plus préoccupant est la manière dont le pays construit par les migrants entend fermer son accès aux migrants des temps modernes – et de mémorandums qui fixent le cadre, un certain nombre, dans sept thématiques, ont des implications sur la relation des États-Unis avec le monde en général et l’Europe en particulier.
America First
Sans surprise, le président américain entend remettre les États-Unis au centre de tout.
Au menu: une enquête sur les causes des déficits commerciaux et des recommandations de mesures correctives, comme des tarifs supplémentaires; la création d’un service des recettes extérieures pour collecter les tarifs et autres recettes liées au commerce extérieur; une enquête sur les causes des déficits commerciaux et des recommandations de mesures correctives, comme des tarifs supplémentaires; la création d’un service des recettes extérieures pour collecter les tarifs et autres recettes liées au commerce extérieur; une enquête sur la manipulation des devises et des recommandations de mesures pour contrer les avantages concurrentiels déloyaux; un examen des accords commerciaux existants et des recommandations de révisions; l’identification de pays avec lesquels négocier de nouveaux accords commerciaux bilatéraux ou sectoriels; un examen des lois antidumping et des droits compensateurs; une évaluation de l’impact de l’exemption de minimis sur les recettes tarifaires et les risques liés à l’importation de produits contrefaits et de drogues; une enquête sur les impôts discriminatoires ou extraterritoriaux imposés aux citoyens ou aux sociétés américaines; et des mesures qui ciblent précisément la Chine.
Rejet de l’accord fiscal mondial de l’OCDE
Un mémorandum rejette l’accord fiscal mondial de l’OCDE, affirmant qu’il nuit à la souveraineté et à la compétitivité économique des États-Unis. Il stipule que les engagements pris par l’administration précédente n’ont aucune force aux États-Unis sans l’adoption d’une loi par le Congrès. Il demande également au secrétaire du Trésor d’enquêter sur les pratiques fiscales discriminatoires des pays étrangers et de proposer des mesures de protection.
Énergie: un plan de bataille
Les États-Unis ont annoncé une déclaration d’urgence énergétique nationale, marquant un changement radical dans leur politique énergétique. Cet ordre exécutif, présenté comme une réponse aux politiques précédentes jugées inadéquates, vise à renforcer l’approvisionnement énergétique, à réduire les obstacles réglementaires et à libérer le potentiel des ressources naturelles du pays. Voici les grandes lignes des mesures annoncées.
Faciliter l’approvisionnement énergétique
Production sur terres fédérales: les agences fédérales sont mandatées pour faciliter la production, le transport et le raffinage des ressources énergétiques.
Projets d’infrastructure: l’exécution de projets d’infrastructure énergétique, environnementale et de ressources naturelles sera accélérée.
Dispositions d’urgence: la loi sur l’eau propre et d’autres statuts seront mobilisés pour contourner certains obstacles, notamment ceux liés à la protection des espèces en danger.
Le décret présidentiel accorde une attention particulière à l’Alaska, riche en énergie et en ressources naturelles. Les mesures incluent: les règlementations limitant le développement des ressources naturelles, telles que celles concernant le Refuge national de la faune arctique et la Réserve pétrolière nationale, seront révisées ou révoquées; le gaz naturel liquéfié (GNL) de l’Alaska sera priorisé pour l’exportation vers d’autres États et pays alliés.
Le décret vise également à promouvoir la domination énergétique nationale en réduisant les obstacles réglementaires: les agences doivent identifier et suspendre les réglementations jugées nuisibles au développement énergétique; la fin du «Green New Deal» (les décaissements de fonds prévus par la loi sur la réduction de l’inflation et la loi sur les investissements dans les infrastructures seront suspendus); le processus d’approbation des projets sera accéléré, y compris pour les exportations de GNL et l’exploitation minière; enfin, un moratoire temporaire est instauré sur la location de zones du plateau continental pour des projets éoliens offshore.
Un autre décret présidentiel ordonne aux agences fédérales de prendre des mesures pour retirer les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat; annuler le plan américain de financement international du climat; prioriser l’efficacité économique, la promotion de la prospérité américaine, le choix des consommateurs et la rigueur budgétaire dans tous les engagements étrangers concernant la politique énergétique.
Retrait de l’OMS
Cet ordre exécutif ordonne le retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il demande également la cessation des négociations sur l’accord pandémique de l’OMS et les modifications du Règlement sanitaire international.
Réévaluation de l’aide américaine
Cet ordre exécutif impose une pause de 90 jours sur les nouvelles obligations et les décaissements de fonds d’aide au développement à des pays étrangers et à des organisations non gouvernementales, des organisations internationales et des entrepreneurs qui mettent en œuvre des programmes.
Il ordonne aux agences fédérales de prendre des mesures pour examiner les programmes d’aide étrangère afin de déterminer s’ils sont efficaces et s’ils sont conformes à la politique étrangère des États-Unis; décider de poursuivre, de modifier ou de mettre fin à chaque programme d’aide étrangère en fonction des recommandations de l’examen; reprendre le financement de l’aide au développement en suspens pour les programmes qui sont jugés conformes à la politique étrangère américaine.
Obligation de rendre des comptes et télétravail
Cet ensemble d’ordres exécutifs et de mémorandums présente un projet ambitieux pour moderniser les pratiques gouvernementales et éliminer ce qui est perçu comme des obstacles bureaucratiques et des politiques inefficaces: fin des programmes liés à la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) au sein du gouvernement fédéral; le procureur général et le directeur du renseignement national analyseront les activités passées pour identifier les cas d’abus et, surtout, création pour un an du département de l’efficacité gouvernementale (Doge) promis à Elon Musk; un texte réduit la notion d’emploi à vie dans la fonction publique et un autre introduit des plans adossés à des KPI et des objectifs.
Un mémorandum ordonne aux chefs de tous les départements et agences du pouvoir exécutif de mettre fin, dès que possible, aux accords de télétravail. Les employés devront retourner travailler en personne à leur poste respectif à temps plein, sauf exemptions jugées nécessaires par les chefs de département et d’agence.