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Fonds d’investissement

Les ambitions internationales de Pharus



Luigi Vitelli ambitionne de doubler le volume d’affaires de sa société d’ici 2023. (Photo: Pharus Management Lux)

Luigi Vitelli ambitionne de doubler le volume d’affaires de sa société d’ici 2023. (Photo: Pharus Management Lux)

La société de gestion veut se positionner sur deux tendances qu’elle juge porteuses: les changements issus du Brexit et l’appétit des gestionnaires asiatiques pour le modèle européen des fonds alternatifs.

Pharus Management Lux est une société de gestion, membre du groupe Pharus. Groupe créé en 1998 qui comprend également le fonds d’investissement collectif multi-manager Pharus Sicav et Pharus Asset Management, société de gestion basée en Suisse. La société luxembourgeoise, créée en 2012, est dirigée par Luigi Vitelli depuis 2019.

Pharus Management Lux est une société de gestion «indépendante». Sa première spécificité, pour Luigi Vitelli, sur une Place où les 384 sociétés de gestion recensées appartiennent, pour la plus grande part, à de grands groupes financiers. Sa seconde spécificité est son business model: «Depuis notre création en 2012, nous avons fait le choix de garder en interne des fonctions qui sont en général outsourcées par les autres sociétés de gestion.» La première de ces fonctions est la gestion de portefeuille. «Nous avons ici, au Luxembourg, une équipe dédiée qui gère 300 millions d’euros d’actifs.» Autre fonction gardée en interne: le service juridique. «Nous avons une équipe d’avocats qui s’occupe de la structuration légale de tous nos produits, ainsi que des activités corporate. De l’élaboration des prospectus aux relations avec la CSSF, nous pouvons tout gérer. Nous sommes rapides et compétitifs.» Les activités de risk reporting sont également internalisées. «Tout cela nous permet d’offrir des solutions compétitives et personnalisées à des clients professionnels qui recherchent cette personnalisation. C’est la raison pour laquelle notre société emploie 14 employés, un chiffre important pour une petite société de gestion indépendante. La moyenne au Luxembourg est de cinq à huit personnes.»

Développement sur trois axes

Un business model «sur mesure» qui semble avoir atteint sa cible de niche, à savoir des gens fortunés, des gestionnaires, des fonds, des family offices, des compagnies d’assurances et des banques principalement issues d’Italie, de France, de Monaco, de Suisse, du Royaume-Uni, de Turquie et du Mexique.

Pharus Management Lux totalisait, fin 2020, 2,2 milliards d’euros d’actifs (+15% en un an) sous gestion répartis dans ses 14 sicav – huit Ucits et six fonds alternatifs. Dans le même temps, le bénéfice a progressé de 30%.

Luigi Vitelli ne compte pas en rester là. Il ambitionne de doubler le volume d’affaires d’ici 2023. Pour se faire, il a choisi trois axes de développement.

Le premier est la gestion privée. Pour se faire, Pharus Management Lux a ouvert, en 2020, une succursale à Milan qui emploie cinq personnes. Une diversification historique pour ce groupe jusque-là exclusivement focalisé sur la gestion privée. «Depuis son ouverture, notre filiale a collecté 200 millions d’euros», se réjouit le CEO.

Le deuxième axe de développement est lié à l’actualité: c’est le Brexit. «Désormais, une société de gestion britannique ne peut plus gérer directement un fonds européen. Si elle veut le faire, elle doit soit créer une filiale dans l’UE, soit trouver des partenaires.» Luigi Vitelli veut faire de son entreprise un partenaire de choix. Pour lui, le plan d’affaires de demain consistera, pour les gestionnaires d’outre-Manche voulant commercialiser leurs produits sur le continent, de choisir une société de gestion européenne pour s’occuper de la gestion globale, qui leur déléguera la gestion des investissements. Un premier partenariat en ce sens vient d’être conclu.

Hong Kong conquise par les fonds alternatifs

Troisième axe de développement: l’Asie. Et plus particulièrement Hong Kong. Luigi Vitelli entend rebondir sur l’intérêt qu’ont les gestionnaires de l’ancienne colonie britannique par rapport aux fonds alternatifs tels que définis par la directive AIFM. «Pour susciter l’intérêt des investisseurs européens dans des stratégies à la base asiatiques, l’idée est de créer des véhicules luxembourgeois, et plus particulièrement des Raif, qui seront gérés par des gestionnaires asiatiques.» Si cette activité n’est encore qu’en phase de prospection, Pharus Management Lux estime qu’elle pourrait collecter, dans la phase de départ, entre 150 et 200 millions d’euros.

Enfin, fin mars, Pharus Management Lux a signé un partenariat avec S&P Global pour effectuer une vérification des critères de durabilité dans l’allocation des portefeuilles. «Dans le cadre de sa fonction de société de gestion, Pharus s’engage à prendre en considération une large sélection de sujets liés à la durabilité, allant du travail à la pollution, et évalue la qualité globale des actifs dans lesquels elle a l’intention d’investir en tenant compte des facteurs ESG», explique le CEO.

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