ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Reconversion de la base aérienne 128

Amazon annonce 1.000 emplois à Metz



Le président de Metz-Métropole et maire de Metz, François Grosdidier, et les représentants d’Amazon France découvrent le nouveau site du géant américain du e-commerce qui doit lancer ses activités cet été. (Photo: Metz-Métropole)

Le président de Metz-Métropole et maire de Metz, François Grosdidier, et les représentants d’Amazon France découvrent le nouveau site du géant américain du e-commerce qui doit lancer ses activités cet été. (Photo: Metz-Métropole)

Le président de Metz Métropole et maire de Metz François Grosdidier et les représentants d’Amazon ont donné les grandes lignes de leur nouvel entrepôt, sur les terres de l’ancienne base aérienne 128 à Metz-Frescaty. 1.000 emplois en CDI verront le jour d’ici trois ans – le plus gros projet local en 40 ans.

L’ancien président français, Nicolas Sarkozy (LR), a rayé la base aérienne 128 de la carte d’un coup de crayon quand la droite messine a perdu les élections communales de 2008 au profit du socialiste Dominique Gros. Son successeur de droite, François Grosdidier, élu l’an dernier , a levé le voile sur «l’opération la plus importante du bassin d’emploi de Metz depuis la création de PSA à Trémery il y a plus de 40 ans, pour compenser la fermeture de l’usine sidérurgique d’Hagondange».

Car Amazon, qui avance souvent masquée très longtemps dans ses projets d’implantation parce qu’elle loue les terrains dont elle a besoin, a promis de recruter 1.000 personnes en CDI d’ici trois ans. Le recrutement a commencé afin que le site puisse commencer son activité à la fin de l’été «avec quelques centaines de personnes», a indiqué la directrice du site pour le géant américain du e-commerce, Angéline Bilodeau.

Une aubaine pour le site, mais aussi pour la région, qui compte 40.000 personnes actives dans le domaine de la logistique, idéalement située à la croisée des autoroutes A31 et A4, de la Moselle qui peut accueillir de grands gabarits (de bateaux) et la desserte ferroviaire, puisque Woippy est la première gare de triage de France.

«C’est une immense joie et un signal à d’autres logisticiens», a aussi commenté M. Grosdidier, «ce qui ne s’oppose pas aux circuits courts que nous soutenons aussi». Plus de 750 entreprises locales ont déjà saisi l’opportunité de vendre via Amazon, comme les signes avant-coureurs d’une digitalisation qui avance à pas forcés depuis le début de la pandémie.

78 milliards d’euros d’investissements en dix ans

Même le maire de la petite commune d’Augny, François Henrion, était confiant dans le fait que les camions épargneraient la vie de son tranquille village. Selon les prévisions, 400 camions rallieront chaque jour l’autoroute ou Metz en période de pointe, et 200 à 250 en temps normal. Chaque jour et chaque nuit, a dit le premier magistrat de la commune, «parce que la plupart des commandes sur Amazon ont lieu entre 17 heures et 22 heures et qu’il faut directement aller livrer avant minuit» pour que les clients aient leurs achats chez eux au plus vite.

Selon le bilan annuel d’Amazon EU , localisée à Luxembourg et qui gère tous les développements en Europe, les ventes ont augmenté de 39% l’an dernier. Interrogé sur l’absence totale d’impôts sur les sociétés du groupe, le directeur EMEA d’Amazon, Stefano Perego, également présent à Metz pour la conférence de presse, a renvoyé vers le niveau d’investissement. «Nous avons investi 78 milliards d’euros ces dix dernières années en Europe. Que je sache, nous payons nos impôts à chaque fois que cela est nécessaire. Nous avons 130.000 personnes en CDI, pour lesquelles nous payons des charges et qui paient elles-mêmes leurs impôts.»

Le nombre de CDI pourrait même augmenter assez vite, selon les besoins du site. À Brétigny-sur-Orge, en Île-de-France, un site similaire à celui de Metz, 2.000 CDI ont été recrutés en moins de deux ans, a précisé le directeur Amazon France Logistics, Ronan Bole.

Amazon, ce ne sont pas que des emplois directs, ont rappelé tour à tour les intervenants. Avec une seule statistique: les 11.500 CDI en France font travailler 130.000 personnes au total, dans la construction des sites, dans la livraison, dans le transport ou dans la maintenance et la sécurité. Sans parler de l’intérim pour les périodes de pic, notamment les fêtes de fin d’année.