ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Une Spac à 660 millions de dollars

Alain Kinsch monte dans le bus électrique d’Arrival



Produit dans des micro-usines, le bus d’Arrival ne génère pas d’émissions. Les technologies développées depuis le Luxembourg par Denis Sverdlov et ses équipes permettent d’avoir un avantage concurrentiel par rapport aux poids lourds du secteur. (Montage: Maison Moderne. Photos: Matic Zorman et Arrival)

Produit dans des micro-usines, le bus d’Arrival ne génère pas d’émissions. Les technologies développées depuis le Luxembourg par Denis Sverdlov et ses équipes permettent d’avoir un avantage concurrentiel par rapport aux poids lourds du secteur. (Montage: Maison Moderne. Photos: Matic Zorman et Arrival)

En devenant administrateur d’Arrival, l’ex-country manager d’EY au Luxembourg, Alain Kinsch, a grimpé dans le bus électrique le plus attendu du marché. Fin mars, la start-up du Russe Denis Sverdlov, via une soparfi luxembourgeoise, a fusionné avec CIIG pour lever 660 millions de dollars en bourse. 

Il est arrivé à l’heure. Le 19 février, alors qu’Arrival prépare son entrée en bourse, aux États-Unis, via une SPAC, la start-up officiellement domiciliée en Grande-Bretagne annonce l’arrivée de cinq nouveaux membres à son conseil d’administration, dont Alain Kinsch .

L’ex-directeur d’EY monte dans le bus électrique en même temps que Peter Cuneo (ex-Warner, qui dirige la coquille vide qui va permettre à Arrival d’entrer en bourse plus vite), Avinash Rugoobur (ex-responsable des fusions et acquisitions pour General Motors), Jae Oh (vice-président et responsable du développement chez Hyundai Motor Company) et Kristen O’Hara (Hearst Magazines).

«Nous sommes à un moment charnière du voyage d’Arrival, alors que nous nous concentrons sur l’exécution. Ces membres du conseil apporteront une richesse de connaissances et une expérience commerciale inestimables et variées à Arrival Group, alors que nous intensifierons la production et élargirons notre portée mondiale au cours des prochaines années», déclare Denis Sverdlov, fondateur et CEO d’ Arrival . «La force et la diversité des antécédents des membres du conseil reflètent la portée de la vision d’Arrival. Leurs conseils seront extrêmement précieux, alors que l’entreprise accélère la transition vers des écosystèmes de transport zéro émission pour les communautés du monde entier.»

Juste avant son entrée en bourse, Arrival avait annoncé deux nouveaux renforts: Tawni Nazario-Cranz (venture operating partner de la société de capital-risque SignalFire et ex-DRH de Netflix et de Waymo) et Rex Tibbens (président et directeur opérationnel de Frontdoor, ex-Lyft, ex-Toyota et ex-vice-président d’Amazon).

Membre du Conseil d’État et administrateur indépendant d’Aperam, Alain Kinsch occupera les fonctions de président du comité d’audit.

Un ex-ministre russe milliardaire des télécoms

M. Sverdlov, ancien ministre russe des Télécoms et des Communications, a surtout été à la tête de la société qui a généré le plus de revenus par employé au monde, Yota. L’opérateur de télécoms a installé la 4G en Russie, avant que son fondateur ne le revende pour 1,2 milliard de dollars.

Ce sont ces bénéfices que l’entrepreneur réinvestit, depuis sa soparfi luxembourgeoise Kinetik, dans des technologies vertes et futuristes. C’est via cette même soparfi qu’il a repris le contrôle complet du holding Arrival, soutenu par BlackRock, Hyundai, UPS et Kia Motors en ce début d’année. BlackRock avait annoncé un investissement de 118 millions de dollars en octobre . Aujourd’hui, M. Sverdlov détient toujours 76% des actions de sa société, ce qui valorise son patrimoine à près de 11 milliards de dollars.

En 2015, à partir de toutes ses technologies, le Russe crée Arrival. Une approche intégrée verticalement permet l’utilisation de micro-usines à faibles capex, permet à Arrival de produire ses véhicules zéro émission de manière compétitive avec des équivalents combustibles fossiles et offre aux clients un coût total de possession (TCO) bien inférieur. 

Micro-usines et talents locaux

Les micro-usines d’Arrival sont rapidement évolutives et permettent une production décentralisée, qui peut être déployée dans les communautés locales en recrutant des talents locaux, en payant les taxes locales et en utilisant la chaîne d’approvisionnement locale. Cette stratégie hyperlocale permet également la production de véhicules conçus pour les besoins de mobilité d’une région locale. Arrival a déjà annoncé ses trois premiers sites «microfactories» à Bicester (Grande-Bretagne) Rock Hill et Charlotte (États-Unis).

UPS s’est déjà engagée à acheter 10.000 véhicules, ainsi que 10.000 autres si les premiers lui donnaient satisfaction.

Le van d’Arrival devrait commencer les essais sur la voie publique avec des clients dès cet été, et le bus devrait commencer les essais au quatrième trimestre 2021 avec First Bus, l’un des plus grands opérateurs de transport du Royaume-Uni et leader de la mobilité durable. La production d’un bus devrait commencer au quatrième trimestre 2021, et d’une camionnette au second semestre 2022.

À l’échelle mondiale, les experts en énergie prévoient que le marché des véhicules électriques commerciaux passera à 3 millions d’unités d’ici 2025 et à 9 millions d’ici 2030, avec en tête les bus et les camions légers.

L’entreprise compte plus de 1.800 employés répartis dans le monde entier, y compris des bureaux et des installations d’ingénierie aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.