POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

Secrets d’info sur France Inter

Affaire LSK: DSK trop confiant en son associé?



Dominique Strauss-Kahn à l’époque où il dirigeait le Fonds monétaire international. Son associé voulait tirer profit de sa réputation, selon lui. (Photo: Worldbank.org)

Dominique Strauss-Kahn à l’époque où il dirigeait le Fonds monétaire international. Son associé voulait tirer profit de sa réputation, selon lui. (Photo: Worldbank.org)

Après avoir obtenu un rapport d’audition de Dominique Strauss-Kahn devant la juge d’instruction, l’émission Secrets d’info sur France Inter a relancé le dossier de la société d’investissement luxembourgeoise LSK.

Quel a été le rôle exact de Dominique Strauss-Kahn dans la vie éphémère de la société financière Leyne Strauss-Kahn & Partners (LSK)? Samedi 22 février, l’émission Secrets d’info sur France Inter est revenue sur le rôle joué par DSK dans cette affaire. Ses enquêteurs ont notamment pu obtenir son audition par la juge d’instruction le 3 juillet 2019.

Associé à l’homme d’affaires franco-israélien Thierry Leyne, l’ancien ministre français de l’Économie et ancien directeur du FMI se lance en 2012 dans le projet de création d’une banque d’investissement au Luxembourg.  Le projet fait long feu  et l’odeur de poudre se répand rapidement après  le suicide de Thierry Leyne  en octobre 2014.

Je dois reconnaître que j’ai fait peu de vérifications.

Dominique Strauss-Kahn,  ex-président,  LSK

À l’entendre, l’ancien ministre ne savait rien et a sans doute fait confiance trop facilement à son associé, rencontré par le biais d’une proche collaboratrice. «Ce n’est pas glorieux de ma part. Je dois reconnaître que j’ai fait peu de vérifications, j’ai eu une confiance sans doute exagérée dans ce que disait Thierry Leyne», a expliqué DSK à la juge d’instruction, selon les propos cités par France Inter.

L’ancien ministre laisse entendre, entre les lignes, que son associé a surtout voulu se servir de son nom et de sa réputation pour attirer des investisseurs dans ses filets. Les témoignages reçus par des investisseurs grugés abondent effectivement dans ce sens.

J'avais très peu connaissance des activités de l’entreprise de Thierry Leyne.

Dominique Strauss-Kahn,  ex-président,  LSK

Mais  en tant que président de LSK , Dominique Strauss-Kahn n’avait-il pas un rôle de surveillance à assurer? Face à la juge d’instruction, il s’en défend: «J’avais très peu connaissance des activités de l’entreprise de Thierry Leyne (…) ce n’est pas ma compétence, ma compétence c’est celle d’un économiste spécialiste de macroéconomie, c’est ce que j’ai fait au ministère des Finances, c’est ce que j’ai fait au FMI…»

Il garde en tout cas confiance en son associé et actionne son réseau lorsque Thierry Leyne lui fait part d’un nouveau besoin de capitaux pour assurer l’avenir de la société. Dans son audition, il avouera avoir eu ses premiers doutes sur le fonctionnement de l’entreprise «vers juin-juillet 2014».

Il démissionne de son poste de président  le 20 octobre et Thierry Leyne se défenestre depuis son appartement de Tel-Aviv trois jours plus tard. Début novembre de la même année, LSK a fait aveu de faillite. La suite de l’histoire se poursuit devant les tribunaux.