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L’ABBL revoit son organisation et ses priorités



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Yves Maas, CEO par intérim de l’ABBL, a lancé un projet de transformation de l’organisation. (Photo: Edouard Olszewski / Archives)

CEO par intérim de la fédération professionnelle du secteur bancaire, Yves Maas explique à Paperjam comment l’ABBL abordera les prochains mois, en matière de gouvernance comme de thématiques de travail.

Serge de Cillia parti fin octobre,  Yves Maas  (président entre 2014 et 2018, vice-président de l’association depuis 2018 et président du conseil d’administration de Credit Suisse)  a repris le poste de CEO  de l’Association des banques et banquiers Luxembourg (ABBL) de manière temporaire pour assurer la transition.

Le temps de trouver un successeur en interne ou en externe. Ce qui n’a pas encore été fait. «Le processus de recrutement sera initié prochainement. Ce ne sera certainement pas facile, vu les qualifications requises. Mais je suis convaincu que nous trouverons le candidat idéal», déclare Yves Maas dans un entretien à Paperjam.

Quant au président de l’ABBL,  Guy Hoffmann  (également président du comité de direction de Raiffeisen), son mandat court jusqu’en avril, et il dispose encore de la possibilité de le renouveler pour deux nouvelles années.

Six priorités

Bien qu’à la tête de l’ABBL pour un an maximum, Yves Maas a souhaité revoir l’organisation de l’association représentant les banques de la Place: «En vue des défis à venir, et afin de mieux servir nos membres, le conseil d’administration a lancé un projet de transformation. Dans ce contexte, l’organisation interne a été adaptée autour de quatre grandes thématiques», précise-t-il.

Celles-ci ont été confiées à quatre personnes:

- Sarah Odru (jusque-là adviser marketing & business development) devient ainsi responsable des relations avec les membres de l’association; 

 -  Camille Seillès  conserve son poste de secrétaire général et y ajoute le pilotage des dossiers réglementaires;

Catherine Bourin  prend à son compte les thèmes relatifs à la durabilité et à la déontologie du secteur;

- et Marc Hemmerling les sujets liés aux évolutions technologiques et à la digitalisation.

Et le CEO par intérim a fixé six priorités à l’association pour les mois à venir:

1. que l’ABBL soit reconnue comme la voix de l’industrie bancaire;

2. qu’elle collabore de manière plus étroite avec ses 155 membres et que ces derniers coopèrent également davantage entre eux;

3. qu’elle livre de l’expertise, en particulier en matière de réglementation;

4. qu’elle renforce  ses positions en termes d’éducation financière ;

5. qu’elle coopère plus étroitement avec les autres acteurs de l’économie;

6. et qu’elle poursuive son travail de représentation des membres pour le dialogue social.

Réaffirmation du lobbying

L’objectif consiste aussi à ce que l’ABBL se positionne davantage en amont des processus réglementaires et puisse effectuer un lobbying plus efficace.

«Cette nouvelle organisation nous permettra de mieux anticiper, et cela d’une façon plus structurée, les évolutions réglementaires, sociétales et technologiques qui détermineront la banque de demain», affirme Yves Maas.

Avant d’ajouter: «En ce qui concerne nos relations avec les autres organisations représentatives du secteur privé, nous souhaitons renforcer la coopération pour faire en sorte que le secteur parle d’une seule voix sur les sujets stratégiques pour la place financière», souhaite Yves Maas. Pour peser davantage dans le débat public, l’idée d’un regroupement de fédérations avec l’Alfi (Association luxembourgeoise des fonds d’investissement) et l’Aca (Association des compagnies d’assurances et de réassurances) ferait sens, mais il subsiste encore trop d’intérêts divergents sur certains sujets.

Dans le même temps, la transformation de l’association devra également prendre en compte l’évolution de ses membres: de nouvelles catégories d’entreprises y adhèrent, comme les PSF (professionnels du secteur financier), tandis que le nombre d’établissements bancaires traditionnels régresse, en partie du fait de la consolidation du secteur.

«Je suis persuadé qu’avec le support du conseil d’administration, ainsi que l’expertise de la nouvelle équipe, l’ABBL a tous les atouts pour accompagner ses membres en cette période de profonde mutation du secteur bancaire», conclut quant à lui Guy Hoffmann, président de l’ABBL.