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Restaurant

À table avec… Edsun



Edsun est le premier lauréat des Luxembourg Music Awards. (Photo: Patricia Pitsch / Maison Moderne)

Edsun est le premier lauréat des Luxembourg Music Awards. (Photo: Patricia Pitsch / Maison Moderne)

Il est le premier lauréat des Luxembourg Music Awards en remportant le titre d’Artiste de l’année et celui de Meilleur clip pour son titre ‘Lisa’. Nous avons invité Edsun au Skybar, au sein de la nouvelle aile du City Concorde.

Pour la première année, le Luxembourg s’est doté de ses propres Music Awards, à l’instar du Filmpräis ou du Danzpräis. Et Edsun devenait, en décembre dernier, le premier «Artiste luxembourgeois de l’année». L’invitation à déjeuner au Skybar cueille le jeune homme, musicien et danseur encore ému au lendemain de la cérémonie.

360°

Ce prix, Edsun ne le voit pas comme un aboutissement, mais comme un encouragement: «Je suis très reconnaissant de recevoir ainsi les moyens de continuer et de sentir le soutien des professionnels», murmure-t-il d’une voix timide; il prendra de l’assurance au cours du repas.

Suivi depuis une bonne année par le Rocklab, l’incubateur de la Rockhal, Edsun correspond parfaitement à cette exigence de l’artiste d’aujourd’hui. «Son approche artistique à 360° est singulière. Il n’a pas fini de nous épater», estime Olivier Toth , le directeur de la Rockhal.

Végétarien depuis longtemps et végan depuis peu, Edsun commande des falafels au tahina comme entrée. Je le suis avec un potage de potimarron à l’orange. Des assiettes goûteuses et bien épicées.

Liberté

Si «la musique a toujours fait partie de [s] a vie», c’est à la danse qu’Edsun s’est formé au Conservatoire de la Ville de Luxembourg. «Après le lycée, je ne me voyais pas faire autre chose», se souvient celui qui dansait déjà sur les tables du bar de ses parents quand il était petit. C’est donc en autodidacte qu’il deviendra musicien – «ne faire que de la danse m’aurait laissé insatisfait» – et créera des performances scéniques très complètes qu’on a tôt fait de qualifier de «touche-à-tout».

Influencé par la pop et le RnB des années 90 – Michael Jackson, Missy Elliott, Destiny’s Child –, Edsun se reconnaît en ceux «qui n’ont pas peur et font passer des messages dans leur musique». Pour ce défenseur des causes LGBTQ, la liberté de chacun est le principal motif de bataille: «J’ai souvent eu la crainte de voir comment les gens allaient me recevoir, mais je place ma liberté au-dessus de ma peur.»

Wok de légumes

Pour suivre, l’artiste commande un wok de légumes, avec des pâtes soba. Un plat varié où il relève des champignons shiitakés et un assaisonnement vinaigré. Si le nouvel EP d’Edsun s’intitule ‘You Are Not Just One Thing’, c’est bien pour faire passer ce message des identités multiples, des différentes couches de chacun.

«Je me suis souvent senti différent, pas à ma place. Comme seul Noir dans une classe de Blancs, je sens une responsabilité vis-à-vis de ceux qui ne sont pas représentés, que l’on n’entend pas. C’est mon rôle de montrer que c’est possible.» C’est aussi le message derrière The Platonic Touch Tour, sa tournée qui l’a emmené en Belgique et en Allemagne: «Les hommes n’arrivent pas à se toucher. Ils ont peur d’être jugés, rejetés…»

Il espère que 2019 lui permettra de continuer des collaborations artistiques avec les mêmes producteurs, peut-être avec le groupe Tuys, avec qui il a déjà joué et voudrait à tout prix retourner sur scène: «Une tournée, c’est très intense, ça apporte beaucoup d’expérience.»