LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Culture

La liste

8 artistes luxembour­­geois les mieux cotés



De gauche à droite, les 8 artistes luxembourgeois vivants les mieux cotés actuellement. (Montage: Maison Moderne)

De gauche à droite, les 8 artistes luxembourgeois vivants les mieux cotés actuellement. (Montage: Maison Moderne)

Certains artistes réalisent des expositions dans des musées au Luxembourg ou à l’étranger, reçoivent des prix, participent à des biennales, ont des œuvres qui entrent dans des collections privées ou publiques d’importance… Top 8 des artistes luxembourgeois vivants les mieux cotés actuellement.

1. Su-Mei Tse

Représentée par la galerie Nosbaum Reding.

C’est certainement l’artiste luxem­bourgeoise qui a reçu la plus haute reconnaissance interna­tionale: le Lion d’or à la Biennale de Venise pour la Meilleure partici­pation nationale en 2003. Mais depuis cette récompense, Su-Mei Tse n’a cessé de travail­ler et de progresser, dé­veloppant un univers poétique, raffiné, teinté de questions philosophiques, mais aussi d’humour. Son œuvre cultive un caractère introspectif, un équilibre délicat entre l’espace, le temps et l’ouverture au monde. Violoncelliste aguerrie, la mu­sique joue un rôle également très important dans son travail. Parmi ses nombreuses récompenses, et outre le Lion d’or, notons le Prix international d’art contemporain de Monaco (2009) et le Prix Edward Steichen (2005). En 2014, elle obtient une résidence à la prestigieuse Villa Médicis, à Rome. Ses œuvres figurent dans de prestigieuses collections publiques en Asie et en Europe. Le Mudam lui a consacré une expo­sition monographique en 2017.

2. Tina Gillen

Représentée par la galerie Nosbaum Reding.

L’œuvre de cette artiste peintre ne cesse d’évoluer depuis les années 1990, mais Tina Gillen s’intéresse toujours à la fron­tière et à la tension qui se créent entre la figuration et l’abstraction, rendant compte des rapports complexes qui se tissent entre réalité et représentation. Souvent dépourvus de présence humaine, ses tableaux témoignent pour­­tant de l’activité humaine (maisons, routes), ainsi que d’éléments paysagers, le plus souvent stylisés ou fragmentaires. S’ajoutent des éléments géométriques, qui apportent un autre niveau de complexité dans la construction picturale. Récemment, elle s’est particulièrement intéressée aux phénomènes naturels qui échap­pent au contrôle des Hommes, qui sont à la fois une menace et une ressource, renvoyant en creux la question du climat. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles (Bozar, Mudam, M Leuven, etc.) et collectives. Elle représentera le Luxembourg à la 59e Biennale de Venise en 2022.

3. Jean Bechameil & Martine Feipel

Représentés par Zidoun-Bossuyt Gallery.

Ce couple d’artistes collabore depuis une dizaine d’années après avoir débuté, en solo, leur carrière. Leur pratique artistique traite des questions d’espace et cherche à montrer «la complexité d’idées cachées dans la façon traditionnelle de construire l’espace et le temps», en ouvrant, de manière «destructive», une perception alternative. La question de la modernité, son lien avec l’architecture, mais aussi la robotique sont des thèmes que les artistes interrogent régulièrement. Récemment, la question de la nature a pris plus de place dans leur réflexion. Ils ont représenté le Luxembourg à la Biennale de Venise en 2011 et ont été invités par de nom­breuses institutions interna­tionales (Kunstmuseum Bonn, Pavillon de l’Arsenal à Paris, Triennale de Beaufort, etc.). En 2017, le Casino Luxembourg leur a consacré une exposition monographique. Ils viennent d’être sélectionnés pour concevoir une nouvelle œuvre pour le métro de Toulouse (2028).

4. Jean-Marie Biwer

Ses œuvres picturales sont très appréciées et collectionnées par de nombreuses familles luxembourgeoises. Un travail long de quatre décennies, où s’exprime un regard attentif au monde qui l’entoure, et traversé par un questionnement sur le rôle de la peinture et sa relation au monde contemporain abreuvé d’images et gavé d’informations. À l’instar d’un moment méditatif, sa peinture s’éloigne du rythme de vie effréné, pour souligner l’intensité du moment, offrir un espace de contemplation. Dans l’exposition monographique que lui a consacrée le Mudam en 2020, on a pu décou­vrir une peinture aux multiples formats, souvent porteuse de plusieurs significations, d’une esthétique séduisante, mais qui s’avère aussi souvent plus mena­çante. Sa carrière s’est principalement construite au Luxembourg, mais il a également exposé à l’international, notamment en 1993 à la Biennale de Venise avec Bertrand Ney.

5. Robert Brandy

Représenté par la galerie Ceysson & Bénétière.

La carrière de Robert Brandy se découpe en deux périodes: la première allant de 1980 à 1996, la seconde de 1996 à nos jours. Digne héritier de Supports/Surfaces (il a appris aux côtés de Vincent Bioulès), il fabrique lui-même ses pigments et toiles. Début des années 1970, il a été un des premiers artistes luxembourgeois à faire de sa passion pour la peinture sa profession. Il développe depuis 50 ans une peinture où la matérialité a toute son importance, et s’est créé un vocabulaire stylistique propre. En parallèle de ce travail, il pro­duit des œuvres en rapport avec sa passion pour l’automobile. Son travail est présent dans plusieurs collections publiques, comme le Stedelijk Museum à Amsterdam, le musée d’art moderne à Birmingham ou le Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne. Le MNHA lui consacrera une exposition monographique rétrospective à partir d’avril 2021.

6. Marco Godinho

Représenté par la Galerie Art Attitude Hervé Bize.

Porté par un esprit conceptualiste, Marco Godinho s’intéresse particulièrement à la perception subjective du temps et de l’espace, complétée par une réflexion traversée par la littérature, la philosophie et la poésie. Les notions d’errance, d’exil, de mémoire et de «temps vécu» sont autant de thèmes essentiels et récurrents dans son travail, sous-tendu par son expérience personnelle de vie nomade, posant la question du multiculturalisme. Ses œuvres prennent aussi bien la forme d’installations que d’accrochages ou de projections, impliquant la disposition d’objets modifiés, de films, d’images, etc. Il a re­présenté le Luxembourg à la Biennale de Venise en 2019. Des expositions monographiques lui ont été consacrées, entre autres, au Casino Luxembourg (2013), au Mamac à Nice (2016), à la Fondation Darling à Montréal (2018) ou encore au Parvis à Tarbes (2019). Ses œuvres sont dans de nombreuses collections publiques et privées au Luxembourg et à l’étranger (Frac, CNAP, MNHA, MNAC, Mudam, etc.).

7. Filip Markiewicz

Représenté par Aeroplastics.

Artiste complet, Filip Markiewicz utilise différents supports (peinture, installation, performance, vidéo…), mais cultive une préférence pour le dessin. Au-delà de son aspect hybride et créatif, son travail possède une dimension sociale et politique. En quête perpétuelle d’explications sur notre vie quotidienne, il explore «l’omniprésence de l’image» en perspective avec les messages qu’elle véhicule. Il interroge certains aspects du mécontentement des populations européennes en prenant «la valeur de l’art comme reflet de la culture». L’agenda politique et les conséquences de la société capitaliste nourrissent régulièrement son travail et sous-tendent des questionnements (migrations, guerres, religions, Europe…). Il a repré­senté le Luxembourg à la 56e Biennale de Venise en 2015. Le Casino Luxembourg lui a organisé une exposition monographique en 2018. En 2020, il a eu un solo show au National Museum of Contemporary Art de Bucarest et a remporté le Prix Pierre Werner. En 2021, il a participé aux Rencontres internationales Paris/Berlin. Ses œuvres sont dans plusieurs collections publiques et privées (Mudam, MNHA, BPS22…).

8. David Brognon & Stéphanie Rollin

Ce duo d’artistes travaille ensemble depuis 2004 et a toujours gardé une grande liberté dans ses moyens d’expression: vidéo, sculpture, performance, dessin, installation… Leur travail est caractérisé par une approche sensible, empreinte d’empathie sur des sujets souvent durs, en marge de la société, tels que l’enfermement, le contrôle, les drogues… La directrice du Mamac de Nice, Hélène Guenin, les définit comme des «explorateurs des abysses» attentifs aux «petites épiphanies de la vie». Un travail qui pointe «le poids des conven­tions et autres faux-semblants de liberté». Peu ba­vardes, leurs œuvres visent l’essentiel, cultivant un certain minimalisme qui sert d’autant plus la force de leurs propos. En 2014, ils ont reçu le prix Pirelli du Meilleur solo show à Art Brussels. En 2015, le Marina Abramovic Institute a présenté leur œuvre Cosmographia. En 2020, ils ont été invités par le Mac Val, en France, pour une exposition monographique. En février 2021, la Ville de Lux­embourg a inauguré leur œuvre Première ligne installée sur le P+R Bouillon. On retrouve leurs œuvres dans les collections du Mac’s du Grand-Hornu, du Mudam, du CNAP, dans plusieurs Frac, au MNHA…

Cet article a été rédigé pour l’édition magazine de  Paperjam datée d’avril  qui est parue le 24 mars 2021.

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