POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Reprise en douceur

Le 7h17, le TER qui n’a pas retrouvé ses voyageurs



Ce lundi matin, le marquage au sol n’a servi à rien: à peine 80 frontaliers ont pris le TER Metz-Thionville-Luxembourg, habituellement le plus chargé d’une journée ordinaire. (Photo: Paperjam)

Ce lundi matin, le marquage au sol n’a servi à rien: à peine 80 frontaliers ont pris le TER Metz-Thionville-Luxembourg, habituellement le plus chargé d’une journée ordinaire. (Photo: Paperjam)

Moins de 80 frontaliers ont pris le TER qui est habituellement le plus chargé entre Metz et Luxembourg. Signe que la sortie du confinement prendra du temps.

Tous les TER sont à l’heure. Au tableau d’affichage de la gare de Thionville, le coronavirus a des effets «pervers» que peu de frontaliers auront eu le plaisir de remarquer.

Les parkings où ils abandonnent leur voiture sont aux trois quarts vides, comme les rues qui les amènent vers la gare sont désertes. Sous la pluie et dans le vent, le lundi de déconfinement est un dimanche de novembre.

Dans la gare où ne patientent que trois voyageurs, tandis que policiers et personnels de l’opérateur français plaisantent, une jeune femme de la SNCF distribue deux masques par personne, le sourire dans les yeux et dans la voix. «On en aura assez pour tout le monde», glisse-t-elle avec malice.

Les deux commerces sont fermés. L’espace central est rendu inaccessible par des barrières de chantier. Au sol, des cercles blancs invitent à respecter une distance de sécurité… jusqu’aux quais.

Le parking où les frontaliers laissent leur voiture n’était même pas plein au quart de sa capacité. (Photo: Paperjam)

1 / 16

Rénové il y a peu, l’ilôt central était fermé par des barrières de chantier. (Photo: Paperjam)

2 / 16

Sur le panneau où tous les TER sont annoncés à l’heure, un avertissement spécial pour ceux qui vont à Luxembourg. (Photo: Paperjam)

3 / 16

Les policiers, présents tous les matins depuis Vigipirate, n’ont pas eu grand-chose à faire dans une gare déserte. (Photo: Paperjam)

4 / 16

Sous les quais, un sens pour aller vers son train, un autre pour sortir de la gare.  (Photo: Paperjam)

5 / 16

«En train, tous responsables», un des autocollants affichés partout pour appeler au respect des distances de sécurité. (Photo: Paperjam)

6 / 16

Un siège sur deux ne garantit pas les deux mètres réglementaires, mais la SNCF n’a pas beaucoup de moyens de faire respecter la distanciation. (Photo: Paperjam)

7 / 16

À Bettembourg, deux femmes montent et rompent, en portugais, le silence glacial du wagon. (Photo: Paperjam)

8 / 16

Sur les vitres, l’appel à porter un masque dans les transports au Luxembourg. (Photo: Paperjam)

9 / 16

À l’arrivée, phalange repliée et main gauche pour ouvrir la porte en limitant les risques. (Photo: Paperjam)

10 / 16

Dans le souterrain, deux employés de nettoyage s’accordent un instant de discussion. (Photo: Paperjam)

11 / 16

L’image est presque irréelle. C’est par ici que passent habituellement des centaines de frontaliers à cette heure-là. (Photo: Paperjam)

12 / 16

Au mur, un rappel des consignes élémentaires. (Photo: Paperjam)

13 / 16

Seule «animation» dans une gare de Luxembourg assez calme, l’interpellation d’un homme. (Photo: Paperjam)

14 / 16

Dans le quartier de la gare, les travaux vont… bon train. (Photo: Paperjam)

15 / 16

Du bâtiment emblématique de Post ne reste plus que la façade. (Photo: Paperjam)

16 / 16

Ce lundi matin, le marquage est inutile: au lieu des centaines de passagers pour le TER le plus chargé, le 7h17, seuls 80 descendront à Luxembourg.

Les mains des huit voyageurs du wagon balaient les unes après les autres toute question. Chacun se tient à distance.

La configuration des sièges ne permet pas de respecter les deux mètres, mais la SNCF invite à condamner un siège sur deux: des autocollants ont été apposés sur toutes les fenêtres et les vitres. Et comme dans le hall de la gare, d’autres panneaux rappellent que «la protection buccale» est obligatoire dans les transports au Luxembourg.

Les parkings d’Hettange-Grande sont vides. Là où les passagers viennent habituellement tenter de trouver dix centimètres carrés pour arriver à l’heure sur leur lieu de travail n’entrent que deux passagers de plus.

Deux femmes de ménage montées à Bettembourg remplissent le wagon de leur conversation en portugais. Quelques rires et leurs mains gantées de plastique brisent la chape de plomb qui s’est emparée de ce train.

À l’arrivée, une jeune femme recroqueville une phalange de sa main gauche pour ouvrir la porte sans toucher le bouton.

Il n’y a plus de marquage au sol et, à part un panneau avant les escaliers, les consignes sont plutôt discrètes.

Le Quai Steffen est fermé, Oberweis et le bureau de tabac ouverts. Sous le regard des hommes de Dussmann, la police interpelle un homme d’une trentaine d’années. L’attraction ne dure pas longtemps.

Dehors, les travaux vont bon train dans le quartier de la gare. Du bâtiment de Post ne reste qu’une partie de la façade avant. Un avion, probablement de Cargolux, passe sous les nuages de «ce jour d’automne».

Le retour à la normale est un retour à l’anormal.