La voiture reste le principal moyen de transport utilisé dans tous les pays d’Europe, et le Luxembourg ne fait pas exception avec 75,7% des distances parcourues en voiture en 2022. (Photo: Shutterstock)

La voiture reste le principal moyen de transport utilisé dans tous les pays d’Europe, et le Luxembourg ne fait pas exception avec 75,7% des distances parcourues en voiture en 2022. (Photo: Shutterstock)

Selon Eurostat, plus de 75% des déplacements se font en voiture, un chiffre en légère baisse mais encore largement supérieur à celui des transports publics. Un constat qui révèle un décalage préoccupant avec les enjeux actuels de mobilité.

Bettembourg, Bissen, Contern, Esch-sur-Alzette, Ettelbruck, Schuttrange, Strassen, Sanem, Luxembourg et Weiler-la-Tour: dix villes luxembourgeoises figurent parmi les 1.956 villes européennes participant à la 23e édition de la Semaine européenne de la mobilité, qui se déroule du 16 au 22 septembre. À cette occasion, Eurostat a publié un qui analyse les moyens de transport les plus utilisés en Europe.

Pour ce faire, l’Office statistique de l’Union européenne s’est basé sur l’indicateur passager-kilomètre, qui mesure la part de chaque mode de transport dans l’ensemble des déplacements, en fonction de la distance parcourue par un passager. Plus simplement, un passager-kilomètre correspond à un passager ayant parcouru un kilomètre. La part d’un mode de transport est alors calculée en divisant le nombre de passagers-kilomètres effectués par ce mode par le total des passagers-kilomètres réalisés par tous les moyens de transport.

Et sans surprise, la voiture est le principal moyen de transport utilisé dans tous les pays d’Europe, y compris le Luxembourg, où 75,7% des distances ont été parcourues en voiture en 2022 (dernières données disponibles dans l’étude). Ce chiffre est en baisse par rapport aux années précédentes: 82,8% en 2021 et 83,6% en 2020, illustrant une prise de conscience écologique croissante qui commence à prévaloir sur la commodité de la voiture. Bien que le Luxembourg soit en deçà de la Lituanie, où 87,9% des distances sont effectuées en voiture, il reste au-dessus de la moyenne européenne, qui s’établit à 72,2%.

Le bus en tête de peloton, le train à la traîne

La baisse de l’utilisation de la voiture peut notamment s’expliquer, en plus des raisons écologiques, par l’instauration de la gratuité des transports en commun en mars 2020, qui a probablement incité davantage de personnes à les utiliser. Cependant, cela n’est pas si certain, car le Statec avait observé une baisse de l’utilisation des transports publics au second semestre 2020, concluant que «l’effet positif attendu de l’introduction du transport gratuit ne s’est matérialisé ni au deuxième ni au troisième trimestre». Ces résultats ne sont pas à la hauteur des attentes, du moins immédiatement, en partie à cause du Covid-19, qui a perturbé les habitudes de nombreux citoyens, même les meilleures, et a entraîné une diminution de l’utilisation des transports publics. En 2022, 11,7% des déplacements ont été effectués en bus, plaçant le Luxembourg au cinquième rang européen, derrière Malte, l’Irlande, la Hongrie et Chypre. 

Le train peine à trouver sa place, ne représentant que 3,7% des distances parcourues. En revanche, le tram, qui n’est pas pris en compte dans cette étude, a enregistré 842.891 montées et descentes en janvier 2023 à la gare, contre 347.943 l’année précédente, selon l’Observatoire digital de la mobilité. Cette dynamique témoigne du succès croissant du tram, dont les récentes extensions – et celles à venir – continuent d’attirer de nouveaux usagers. Mais s’agit-il d’une réussite écologique? Il reste à déterminer si ces nouveaux passagers sont de véritables utilisateurs de la mobilité douce ou s’ils se contentent de remplacer des trajets déjà effectués par des moyens de transport doux.

Prenons l’exemple des personnes qui, avant l’arrivée du tram, parcouraient à pied le trajet entre la gare et la place de Paris pour se rendre au travail. Désormais, elles pourraient utiliser le tram pour ces quelques centaines de mètres. Dans ce cas, l’impact sur la réduction des émissions de CO2 est nul, voire négatif si l’on prend en compte les émissions liées à la production du tram, puisque ces personnes marchaient auparavant.

Un bilan encourageant mais insuffisant

La Croatie domine le classement des distances parcourues en bateau (2,5%), dont le Luxembourg est naturellement absent. Le pays bordant la mer Adriatique se classe également en tête dans le secteur aérien, avec 40,4% des distances parcourues en avion, loin devant la Bulgarie, qui occupe la deuxième place avec 25,9%. Au Luxembourg, 8,9% des distances sont couvertes par avion, un chiffre inférieur à la moyenne européenne de 13,1%.

Les résultats sont encourageants, avec une nette diminution de l’utilisation de la voiture, bien que celle-ci reste encore trop élevée. La tendance vers une utilisation accrue des transports publics doit se renforcer pour relever deux défis majeurs de la mobilité dans les années à venir: améliorer la durabilité et réduire l’empreinte carbone, tout en désengorgeant les axes routiers de plus en plus saturés.