ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

La 5G au Luxembourg (1/5)

5G et santé: le vrai, le faux et l’incertain



De nombreux mouvements ont vu le jour dans le monde, comme ici à Londres, pour s’opposer au déploiement de la 5G pour des raisons de santé publique. Une des huit pétitions au Luxembourg a atteint le nombre de signatures requis pour déclencher un débat. (Photo: Shutterstock)

De nombreux mouvements ont vu le jour dans le monde, comme ici à Londres, pour s’opposer au déploiement de la 5G pour des raisons de santé publique. Une des huit pétitions au Luxembourg a atteint le nombre de signatures requis pour déclencher un débat. (Photo: Shutterstock)

Après la clôture des enchères pour la 5G, les opérateurs se préparent à l’arrivée de cette nouvelle génération de télécommunication. Cette semaine, Paperjam fait le point sur cinq thèmes-clés. Aujourd’hui, le vrai et le faux des pro et anti-5G dans le domaine de la santé.

La peur est le meilleur ressort de la «fake news», cette rumeur des temps modernes diffusée sur les réseaux sociaux à des doses de moins en moins homéopathiques. Entre les pro-5G qui affirment que cette nouvelle norme ne va rien changer et les anti-5G pour qui c’est une catastrophe, le mieux est, comme souvent, de retourner à la source.

Avec un postulat de départ: le spectre est divisé en deux parties, une ionisante, qui peut avoir des conséquences sur les cellules, voire l’ADN, et l’autre, non ionisante, pour laquelle rien n’a été prouvé, même si tout le monde est prudent. Les fréquences utilisées par les télécommunications sont dans cette deuxième partie.

La 5G fait peser des risques sur la santé: FAUX

«À ce jour, et après de nombreuses recherches effectuées, aucun effet nocif sur la santé n’a été lié de manière causale à l’exposition aux technologies sans fil. Les conclusions liées à la santé sont tirées d’études réalisées sur l’ensemble du spectre radioélectrique, mais, jusqu’à présent, seules quelques études ont été menées sur les fréquences utilisées par la 5G», dit l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur son site internet, à partir d’une compilation de 250.000 études. «L’échauffement des tissus est le principal mécanisme d’interaction entre les champs radiofréquences et le corps humain. Les niveaux d’exposition aux radiofréquences des technologies actuelles entraînent une élévation négligeable de la température dans le corps humain.»

«Au fur et à mesure que la fréquence augmente, il y a moins de pénétration dans les tissus corporels et l’absorption de l’énergie devient plus confinée à la surface du corps (peau et yeux). À condition que l’exposition globale reste inférieure aux recommandations internationales, aucune conséquence pour la santé publique n’est anticipée.»

L’envoi des ondes directement vers l’appareil qui en a besoin au lieu d’une diffusion uniforme évite même aux autres personnes dans la même zone géographique d’être concernées, ajoute la Commission internationale de protection contre les rayons non ionisants .

Le solarium et, à un degré moindre, le micro-ondes présentent potentiellement plus de danger que le téléphone sans fil. Et encore, les normes d’exposition sont largement inférieures aux limites de risques. (Source: Collège impérial de Londres)

Le solarium et, à un degré moindre, le micro-ondes présentent potentiellement plus de danger que le téléphone sans fil. Et encore, les normes d’exposition sont largement inférieures aux limites de risques. (Source: Collège impérial de Londres)

Dans un spectre qui irait de gauche à droite, des basses fréquences vers les plus hautes, la 5G (700 et même 3,6) se trouve dans la partie plutôt basse et il n’y a que la partie très haute qui présente des risques de radiations ionisantes, autrement dit de modification des cellules de l’organisme. Aucune technologie ne va utiliser les ondes dans cette partie. Les plus proches, le micro-ondes et le solarium, sont encore largement en dessous des recommandations internationales.

Des risques pour la santé sont décrits dans différentes études: VRAI

Au Luxembourg, huit pétitions ont été déposées à la Chambre pour stopper le déploiement de la 5G et une seule a franchi le nombre de signatures suffisant (4.500) pour avoir un débat. Dans ses motivations, la demande du collectif Stop 5G Luxembourg cite différentes études. Examinons-les:

- «Le National Institute of Environmental Health Sciences a rapporté en novembre 2018 l’apparition de cancers chez des rats et souris soumis aux radiofréquences»: l’étude qui porte sur la 2G et la 3G existe , en effet. Mais les avertissements de ses auteurs suffisent largement à la relativiser. «La 5G est une technologie émergente qui n’a pas encore vraiment été définie. D’après ce que nous comprenons actuellement, elle diffère probablement considérablement de ce que nous avons étudié», explique, entre autres, l’auteur.

- «En 1981, la Nasa a présenté ‘ Report – Electromagnetic Field Interactions with the Human Body: Observed Effects and Theories ’»: encore exact. Outre la date de cette étude de 125 pages – 1981 correspond à la diffusion encore timide des premiers téléphones portables –, les auteurs y indiquent que l’extrapolation des conclusions obtenues sur des animaux et en laboratoire est impossible pour l’homme (pages 3-4).

- «En 1972, l’US Naval Medical Institute a publié, suite à 1.200 études: ‘ Bibliography of Reported Biological Phenomena (122 effects) and Clinical Manifestations attributed to Microwave and Radio-Frequency Radiation ’»: là encore, le document date de près de 50 ans. Il établit un court catalogue de problèmes de santé, basé sur plus d’un millier d’études. 2.311 références mentionnent un de ces troubles.

La 5G est un problème pour les électrosensibles ou pose des problèmes d’exposition: VRAI ET FAUX

Puisqu’il n’y a pas de problème général de santé, il n’y a pas de problèmes particuliers liés à l’exposition d’une personne aux ondes émises par les antennes et les smartphones. Là encore, l’OMS ne nie pas les interrogations, mais ses études montrent que les smartphones ne dépassent pas les limites admises. Et aucune étude n’indique que les ondes ont un effet nocif. Ces réponses se trouvent dans son catalogue très complet sur les champs électromagnétiques .

Un point de vue que ne partage pas (plus) tout à fait l’Agence française de sécurité sanitaire. L’agence, qui avait publié une étude sur le sujet il y a tout juste un an , pointe les «vieux» téléphones portables (avant 2016) qui ne correspondent plus aux normes actuelles. Autrement dit, ces derniers dépassent la limite lorsqu’ils sont portés dans une veste, près du corps ou de la tête. Elle invite à une modification des limites d’exposition de ces téléphones, voire même à leur rappel par les fabricants.

Avant de rappeler que ces effets étaient au minimum très limités et que les limites ne correspondaient pas à une utilisation quotidienne des mêmes smartphones.

La 5G favorise la diffusion du Covid-19: FAUX

Là encore, l’OMS et la Commission internationale de protection contre les rayons non ionisants expliquent à l’unisson que le virus ne peut se transmettre que par le contact entre une personne infectée ou un objet infecté et une personne. Or les ondes ne peuvent pas transporter de virus.