PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

Projections

5% de croissance mondiale en 2021, selon Quintet



Bill Street voit 2021 comme une année de début de cycle. (Photo: Quintet Private Back)

Bill Street voit 2021 comme une année de début de cycle. (Photo: Quintet Private Back)

La banque privée luxembourgeoise Quintet Private Bank table sur une accélération progressive de la croissance mondiale au fur et à mesure des atténuations des mesures de confinement.

Bill Street, group chief investment officer au sein de Quintet Private Bank, chiffre ses attentes: une progression de 5% du PIB mondial pour 2021 «grâce à une campagne de vaccination de plus en plus répandue, un soutien gouvernemental continu et moins d’incertitude politique». Dans un tel contexte, il parie pour ce début d’année sur les actions américaines et celles des marchés émergents, les obligations européennes à haut rendement et les obligations souveraines en devises fortes des marchés émergents, ainsi que les actifs alternatifs, qui «semblent être des éléments particulièrement attrayants pour un portefeuille équilibré. À plus long terme, les valeurs technologiques devraient continuer à surperformer», estime-t-il.

D’un point de vue plus structurel, Bill Street a cinq convictions principales, aux implications majeures pour les investisseurs.

Début de cycle

La première est l’arrivée du printemps. Autrement dit, nous sommes au début d’un nouveau cycle de croissance dans lequel «il n’est pas trop tôt pour investir».

«Les actifs liés à l’accélération de la croissance, tels que les actions, devraient bénéficier de la phase initiale du cycle. La demande pour les entreprises plus petites et plus cycliques devrait également se renforcer, tandis que la décote pour les entreprises de moindre qualité devrait diminuer. À mesure que les flux de valeurs refuge perdent de leur importance, le dollar américain devrait s’affaiblir, ce qui profitera aux marchés émergents. L’or devrait également perdre un peu de son éclat au cours de cette phase initiale.»

Deuxième conviction: les banques centrales maintiendront les taux réels au plus bas. Avec comme conséquence «que la décote appliquée aux actifs à risque est plus faible que lors des cycles précédents, de sorte que les actions et les crédits à haut rendement devraient être bien soutenus».

«Au début du cycle, les actifs fortement liés à l’amélioration de l’activité économique, tels que les actions de valeur, peuvent surperformer. À moyen terme, les actions de croissance, comme celles du secteur technologique, continueront à bénéficier des taux d’intérêt très bas. Le capital-investissement, le crédit privé, le capital-risque et la conjugaison des thèmes de durabilité aux infrastructures et à l’immobilier, ainsi que les multistratégies basées sur les fonds spéculatifs, pourraient être des éléments d’amélioration du rendement.»

Troisième conviction: les gouvernements continueront sur le chemin de la coordination des politiques budgétaires et monétaires. «Le fonds de relance européen de 750 milliards d’euros ouvrira la voie à une intégration budgétaire plus poussée, conduisant à une appréciation de l’euro par rapport au dollar.» Globalement, l’économiste estime que les taux de défaillance des entreprises devraient rester inférieurs au niveau observé lors des précédentes récessions, ce qui favorisera l’octroi de crédits de moindre qualité et à haut rendement. «Cela devrait également favoriser une reprise des secteurs en difficulté et, malgré l’ampleur du choc Covid-19, laisser l’économie moins impactée qu’on ne le pensait.»

Émergence des blocs régionaux

Quatrième conviction: la pandémie a impacté les flux commerciaux, les chaînes d’approvisionnement et la trajectoire globale de la mondialisation, au bénéfice des blocs régionaux. Pour Bill Street, le monde va devenir plus multipolaire, et les blocs régionaux affirmeront leur importance. «Cela devrait conduire à de nouvelles possibilités d’investissement et de diversification géographique, qui se concrétiseront probablement sur plusieurs années. À mesure que l’univers des investissements s’élargira et que les grandes économies se dissocieront, la diversification des portefeuilles deviendra encore plus importante. S’il existe des opportunités intéressantes dans toutes les régions, la portée des marchés émergents, en particulier, devrait augmenter.»

Dernier point, l’économiste voit le monde de demain plus vert. Avec, à la clé, une croissance exponentielle des actifs verts.