ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Transport aérien

44,64 milliards d’euros de pertes pour l’aviation en 2021



L’IATA publie ses dernières prévisions pour le secteur du transport aérien. (Photo: Anthony Dehez/archives)

L’IATA publie ses dernières prévisions pour le secteur du transport aérien. (Photo: Anthony Dehez/archives)

L’IATA aggrave ses prévisions. L’Association du transport aérien international estime que les pertes du secteur atteindront 44,64 milliards d’euros en 2021, au lieu des 41,11 milliards annoncés en avril. Pour 2022, elles devraient diminuer à 10 milliards d’euros.

L’industrie aéronautique devrait perdre encore plus que prévu. L’association représentative du secteur, l’IATA, projetait en avril dernier une perte de 41,11 milliards d’euros pour l’année 2021. Elle parle désormais de 44,64 milliards d’euros (51,8 milliards en dollars).

Les estimations de 2020 ont aussi été révisées à 118,67 milliards d’euros de pertes, au lieu des 108,93 précédemment annoncés.

En 2022, les pertes annuelles devraient cependant se réduire à 10 milliards d’euros. Si ces prévisions se confirment, le secteur aura perdu 173,3 milliards d’euros en deux ans à cause du Covid-19.

Autant de passagers en 2022 qu’en 2014

Le retour à la normale risque de prendre du temps. L’IATA prévoit toujours une demande égale à 40% de celle de 2019 en 2021. En 2022, on n’atteindrait que 61% de la demande de 2019. 2,3 milliards de passagers sont espérés en 2021, et 3,4 milliards en 2022, un niveau similaire à celui de 2014 et bien inférieur aux 4,5 milliards de voyageurs en 2019.

Le fret aérien devrait cependant continuer de tirer l’industrie vers le haut. La demande cargo de 2021 dépasserait de 7,9% celle de 2019, et celle de 2022, de 13,2%. Générant 150,82 milliards d’euros de revenus en 2021, et 145,65 milliards en 2022. Côté passagers, l’IATA s’attend à 195,63 milliards d’euros de revenus en 2021, et 325,76 milliards en 2022.

Un bénéfice en Amérique du Nord en 2022

La reprise s’annonce meilleure en Amérique du Nord, qui devrait enregistrer une perte de 4,74 milliards d’euros en 2021, et un bénéfice de 8,53 milliards d’euros en 2022. Toutes les autres régions devraient tout de même voir une amélioration entre 2021 et 2022. Côté européen, les pertes devraient passer de 18 milliards d’euros en 2021 à 7,93 milliards d’euros en 2022.

Le défi réside dans les marchés internationaux, qui restent «gravement déprimés», selon l’IATA, à cause des différentes règles d’une région à l’autre du monde. Si les marchés intérieurs doivent atteindre 73% de la demande de 2019 en 2021, et 93% en 2022, ce ne sera qu’un niveau de 22% de celui de 2019 en 2021, et de 44% en 2022 concernant les vols internationaux.

Les personnes vaccinées ne devraient en aucun cas voir leur liberté de mouvement limitée.

Willie Walsh,  directeur général,  IATA

«Les gens n’ont pas perdu l’envie de voyager. Mais ils sont empêchés par les restrictions, l’incertitude et la complexité», résume Willie Walsh, directeur général de l’IATA. «Les personnes vaccinées ne devraient en aucun cas voir leur liberté de mouvement limitée.» Il salue aussi l’adaptabilité du secteur pendant la crise. «Bien que de graves problèmes subsistent, la voie de la reprise se dessine. L’aviation démontre une fois de plus sa résilience.»

Avant la crise sanitaire, l’aviation représentait 11,3 millions d’emplois dans le monde, selon l’IATA, et un chiffre d’affaires de 3,017 milliards d’euros associé aux voyages et au tourisme.