POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Selon une étude Molinari-EY

42% de pression fiscale sur le travail au Luxembourg



Le Luxembourg apparaît proche de la moyenne européenne, mais se démarque par son pouvoir d’achat, proportionnel – il est vrai – au salaire brut de base, également en tête du classement européen. (Photo: EU)

Le Luxembourg apparaît proche de la moyenne européenne, mais se démarque par son pouvoir d’achat, proportionnel – il est vrai – au salaire brut de base, également en tête du classement européen. (Photo: EU)

Le Luxembourg apparaît comme le champion européen du pouvoir d’achat, mais la pression fiscale tend à s’accentuer dans le pays, dont le jour de libération fiscale est retardé de 24 heures cette année.

Pour un salaire complet de 69.758 euros par an, un salarié célibataire et sans enfant perçoit 40.234 euros en pouvoir d’achat réel au Luxembourg, soit une pression fiscale de 42,32%, montrait, lundi, l’institut économique Molinari, dans une étude cosignée avec le cabinet EY sur base des données de l’OCDE.

Dans le détail, les charges patronales s’élèvent à 8.988 euros sur le salaire brut de 60.770 euros, tandis que les salariés cotisent à hauteur de 7.473 euros. L’impôt sur le revenu représente 10.710 euros, auxquels s’ajoutent encore 2.353 euros de TVA estimée.

Dans l’UE, la pression fiscale – entendez par là le taux de socialisation et d’imposition réelle – pointe à 44,51%, ce qui situe le Luxembourg proche de la moyenne. À l’inverse, le taux descend à 28,42% à Chypre, contre 54,76% en Autriche.

L’étude classe le Luxembourg comme le champion européen du pouvoir d’achat réel (entendez par là net de charges, impôt sur le revenu et TVA,  et non pas exprimé en standard de pouvoir d’achat, comme l’avait fait le Statec en juin dernier avec des enseignements différents).

Autriche, France et Belgique sont les plus gourmands

Pour exclure les variables liées au niveau du salaire brut statistiquement élevé au Luxembourg, les auteurs estiment que, pour qu’un salarié puisse disposer de 100 euros de pouvoir d’achat (net de charges et d’impôts), il doit recevoir 173 euros au Luxembourg. C’est moins que la moyenne européenne, qui pointe à 182 euros, mais aussi nettement moins que les montants calculés pour la Belgique (217 euros), la France (220 euros) et l’Autriche (221 euros), qui apparaissent comme les trois pays les plus gourmands, fiscalement parlant.

Une libération fiscale un peu plus tardive

Pour comparer cet appétit fiscal, un coup d’œil au calendrier de la libération fiscale, c’est-à-dire l’estimation du jour à partir duquel les salariés ont fini de payer les prélèvements obligatoires réalisés sur leurs revenus, peut être utile. Il est tombé cette année le 4 juin au Luxembourg, soit un jour plus tard qu’en 2020.

Cet indicateur permettant d’illustrer le taux moyen d’imposition dans un pays avance depuis 2017 au Grand-Duché, année où il tombait le 29 mai.

Le pays apparaît toutefois moins oppressant d’un point de vue fiscal que la moyenne européenne, où le jour de la libération fiscale tombe le 12 juin. L’écart est encore plus prononcé avec les pays voisins, puisqu’il arrive le 3 juillet en Allemagne, le 16 juillet en Belgique, et le 19 juillet en France.