POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

À partir du 19 janvier dans le Grand Est

39 voitures radars vont traquer les automobilistes pressés



Dans 10 jours, à raison de huit heures par jour, 39 voitures radars circuleront dans le Grand Est. Dont 6 en Moselle et autant en Meurthe-et-Moselle, les deux départements frontaliers du Luxembourg. (Photo: Shutterstock)

Dans 10 jours, à raison de huit heures par jour, 39 voitures radars circuleront dans le Grand Est. Dont 6 en Moselle et autant en Meurthe-et-Moselle, les deux départements frontaliers du Luxembourg. (Photo: Shutterstock)

Elles devaient commencer à flasher les automobilistes trop pressés en Lorraine depuis l’automne, les 39 voitures radars confiées à Mobiom s’y attelleront à partir du 19 janvier. Y compris pour les voitures à plaque jaune luxembourgeoises.

Qu’est-ce qu’une voiture radar à conduite externalisée?

Les voitures radars ne sont pas nouvelles en France; les premières ont été mises en circulation en 2013, mais les autorités les confient de plus en plus à des sociétés privées, en charge de les conduire, avec le système radar embarqué, pour libérer les forces de police de ce travail, auquel elles consacraient en moyenne une heure et demie par semaine.

Comment fonctionnent-elles?

Elles sont équipées, par la police, d’un système à l’arrière et d’un autre à l’avant, ainsi que de caméras, qui sont capables de calculer la vitesse d’un automobiliste dans le même sens de circulation ou dans le sens inverse, à partir de la vitesse de la voiture radar. Les caméras lisent aussi les panneaux de circulation pour s’assurer que certains tronçons n’ont pas une limite différente. Le système est relié à un GPS normalement capable de savoir quelle est la vitesse maximale. Le radar fonctionne de manière automatique sans intervention du conducteur, et le tout est supervisé par un contrôleur installé à distance qui peut suivre toutes les voitures. Les procès-verbaux sont ensuite établis par les policiers et agents assermentés qui s’occupent déjà des autres infractions.

Sont-elles efficaces?

En moyenne, chaque voiture permet d’établir 322 contraventions par mois. Les contraventions liées à une voiture radar représentent moins de 10% des amendes liées à une vitesse excessive.

À qui appartient la technologie? Par ailleurs, suis-je concerné avec ma plaque luxembourgeoise?

Pouvoir établir la vitesse d’un véhicule par rapport à un autre lui aussi en mouvement est complexe. C’est un «pure player» français de solutions de mobilité qui a été choisi, Sysnav . Mais si d’aventure cela ne suffisait pas, c’est une technologie militaire américaine qui prendrait le relais, celle de Blue Force. Et tout le dispositif est intégré par les Néerlandais de Sensys Gatso Group (ex-Gatsometer) dans une «boîte» Gatso Millia .

Oui, selon les accords sur les échanges d’informations , le procès-verbal ira au détenteur du véhicule, selon les mêmes modalités que pour les autres infractions routières.

À partir de quelle vitesse suis-je en infraction?

Selon le ministère français de l’Intérieur, la marge technique de ces radars est de 10km/h pour les limitations de vitesse inférieures à 100km/h, et de 10% pour les limitations de vitesse supérieures à 100km/h (contre 5km/h et 5% pour les autres radars de contrôle de la vitesse). Ainsi seront flashés les véhicules roulant à partir de 146km/h sur autoroute, 124km/h sur une voie express ou 61 km/h en agglomération. Le conducteur ne s’apercevra pas du flash.

Combien de voitures sont en circulation dans le Grand Est?

Selon la préfecture du Grand Est, 39 voitures seront en capacité de flasher les automobilistes en infraction à partir du 19 janvier. Il y a près de neuf mois que les véhicules sont en test pour vérifier que tout fonctionne correctement et que les limites de vitesse sont bien identiques à celles qui sont référencées au niveau de l’État. Selon une source, dans les deux départements limitrophes du Luxembourg, il y a aura six voitures en Moselle et six autres en Meurthe-et-Moselle. En Alsace, il y en aura aussi six dans le Bas-Rhin et cinq dans le Haut-Rhin. Au total, en France, en fin d’année, entre celles qui continuent d’être conduites par les policiers et celles qui sont conduites par des sociétés extérieures, il y avait 223 voitures en circulation. Il y en aura 400 d’ici la fin de l’année 2022.

Qui est chargé de «faire rouler» ces voitures?

Comme en Normandie, dès 2017, et en Bretagne, en novembre 2019, c’est la société Mobiom qui a remporté le marché public. Des marchés à 10,2 millions d’euros pour le premier (jusqu’en 2021, reconductible pour quatre ans automatiquement) et à 8,7 millions d’euros pour le second (jusqu’en 2023) et jusqu’en novembre 2024 pour le Grand Est. Mobiom est la filiale dédiée de la société de services parisienne Challancin Accueil et Services, au chiffre d’affaires de 254 millions d’euros en 2020 et 275 millions d’euros l’an dernier. Le marché intéresse de nombreux acteurs: pour certains des appels d’offres, il y a eu jusqu’à 21 candidatures!

À qui appartiennent les voitures?

Les voitures restent la propriété de l’État français. Elles sont équipées et mises aux normes avant d’être confiées aux conducteurs de Mobiom. Ces voitures étaient jusqu’ici conduites par des policiers, déjà pour contrôler la vitesse. Évidemment, les internautes se sont déjà amusés à prendre ces voitures en photo: sept modèles sont déjà référencés, du Citroën Berlingo à la Skoda Octavia, en passant par des Peugeot 308 et Peugeot 508, des Ford Focus et des VW Passat, ou encore des Seat Leon. Difficile d’établir une liste, puisque les modèles changeront de département régulièrement… pour éviter que les internautes les repèrent.

Peut-on encore devenir conducteur de ces voitures?

Oui, la société Mobiom continue de recruter des conducteurs , qui devront montrer patte blanche contre un salaire mensuel de 1.843 euros plus des frais de restauration non définis dans les deux offres, qui restent dans le Grand Est (une à Verdun et une en Moselle Est). Ils devraient rouler par séquences de 8 heures de travail – soit 5h30 de temps de «flashage» –, de jour, de nuit et pendant les fins de semaine ou les jours fériés.

Puis-je contester une amende?

Les Français avec une plaque d’immatriculation française doivent d’abord payer avant de contester l’amende. Pour tous les autres, l’État français invite à suivre les recommandations sur son site dédié . Comme le rappelle le quotidien régional L’Union , l’automobiliste doit bien lire la contravention qu’il va recevoir par la poste et être en mesure de répondre aux questions suivantes: Le véhicule est-il bien identifié (marque, modèle, plaque d’immatriculation)? Le lieu de l’infraction est-il précis? Le PV comporte-t-il la vitesse limite sur ce lieu, la vitesse du véhicule en infraction et la vitesse retenue, ainsi que la date et l’heure?