POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Nouvelle étude

Trois pistes pour une entreprise responsable



267496.jpg

Aider financièrement les entreprises à engager des seniors, c’est une des recommandations de la Fondation Idea. (Photo: Shutterstock)

La Fondation Idea a présenté, mercredi, une dizaine de recommandations aux entreprises afin de les aider à améliorer leur responsabilité sociale. Mobilité, embauche des seniors ou exemplarité: sélection de trois pistes à suivre.

Régulièrement, la  Fondation Idea  propose une idée à ses membres, afin d’améliorer la responsabilité sociale des entreprises (RSE).

En automne dernier, elle a dressé un portrait de la RSE au Luxembourg et analysé l’apport des entreprises labellisées par l’INDR (Institut national pour le développement durable) et les membres du réseau IMS. De cette analyse découlent  une dizaine de recommandations adressées aux entreprises, mais aussi au gouvernement . Paperjam en a épinglé trois.

1. Montrer l’exemple

La Fondation Idea invite tout d’abord les entreprises de plus de 250 personnes à faire figure d’exemple pour leurs petites sœurs de moins grande envergure en matière de RSE.

«Près de 70% des entreprises de plus de 250 salariés ne sont pas formellement impliquées dans les principales démarches en matière de responsabilité sociale au Luxembourg, ce qui laisse une grande marge de progression», estime Sarah Mellouet de la Fondation Idea.

Donner le bon exemple permettrait de sensibiliser les clients, fournisseurs et salariés à ces bonnes pratiques. 

«Nous aimerions standardiser officiellement les démarches RSE au Luxembourg, en priorité pour les sociétés de plus de 250 salariés. Notamment en créant une task force publique/privée et en étudiant l’opportunité de déclinaisons en fonction des secteurs, adaptées aux différentes formes d’entreprises», commente Sarah Mellouet.

267501.jpg

L’équipe de la Fondation Idea espère être entendue par les entreprises et le gouvernement. (Photo: Fondation Idea)

2. Une place pour tous, seniors compris

Alors que la main-d’œuvre devient une denrée rare au Luxembourg, la Fondation Idea propose de mieux exploiter les capacités existantes. Le taux d’emploi des seniors est en progression, mais demeure faible, à 43%.

Mais c’est un fait, la main-d’œuvre vieillit: 25% ont plus de 50 ans en 2018, contre 11% en 1994. Or, les seniors se forment, par exemple, bien moins que leurs cadets.

«La question du vieillissement actif est essentielle. Il faut proposer des politiques dédiées aux seniors afin de les aider à retrouver du travail. Si la participation financière de l’État à l’investissement en formation des entreprises est majorée pour les plus de 45 ans, le projet d’obligation d’établir un plan de gestion des âges dans les entreprises de plus de 150 salariés demeure dans les tiroirs», déplore Sarah Mellouet.

Baisse des coûts liés aux indemnités et pensions, augmentation de la productivité, diminution du chômage sont autant de bénéfices inhérents à une meilleure employabilité des seniors.

3. La mobilité, un enjeu essentiel

Parmi les recommandations de la Fondation, l’implémentation d’un plan de mobilité figure aussi en bonne place. «73% des salariés vont travailler en voiture aujourd’hui, qu’ils covoiturent ou non. Chaque semaine, 250 emplois en plus sont occupés au Luxembourg, ce qui correspond à 155 voitures de plus sur la route. Au bout d’un moment, la mobilité sera donc un réel frein à l’embauche. On se rapproche de ce point critique», analyse Vincent Hein, de la Fondation Idea.

L’objectif est donc de diminuer le nombre de voitures sur la route. Pour ce faire, Idea propose notamment de supprimer les frais inhérents aux salariés qui ont une voiture de société pour les utilisateurs qui pratiquent le covoiturage.

Une autre piste serait de mettre en place un «plan de déplacement» au sein des entreprises. «L’objectif serait de le rendre obligatoire pour les sociétés de plus de 100 personnes, ce qui représente 37% des salariés (157.770 salariés) au Luxembourg», ajoute Sarah Mellouet qui mise sur un mix entre ce qui se fait en France et en Belgique.

À l’inverse du Luxembourg, la Belgique dispose en effet de statistiques très précises sur la mobilité grâce à une loi-programme de 2003 qui oblige les entreprises à informer tous les trois ans le ministère de la Mobilité des données liées aux déplacements domicile-travail.

En France, les sociétés sont tenues de présenter un plan d’action budgétisé et un calendrier de réalisation en ce qui concerne leur politique de mobilité. Deux exemples qu’Idea aimerait transposer au Luxembourg.

Autant de pistes de travail qui pourraient permettre d’améliorer la responsabilité sociale, l’impact environnemental et la productivité de nombreuses entreprises luxembourgeoises.