POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Finances publiques

2,36 milliards de déficit et 16 milliards de dettes



Pour Pierre Gramegna, nonobstant des premiers signes qui inspirent confiance, la situation des finances publiques reste donc tendue, et la prudence de rigueur. (Photo: Marion Dessard)

Pour Pierre Gramegna, nonobstant des premiers signes qui inspirent confiance, la situation des finances publiques reste donc tendue, et la prudence de rigueur. (Photo: Marion Dessard)

Les comptes de l’État seront fortement impactés par la crise, mais dans une moindre mesure que prévu.

Selon les chiffres communiqués aux députés par Pierre Gramegna  (DP), ministre des Finances, lors d’une réunion jointe entre la commission des finances et du budget et la commission du contrôle de l’exécution budgétaire de la Chambre des députés, les recettes de l’Administration centrale ont reculé de 7% par rapport au budget voté à 18,8 milliards d’euros. Soit une moins-value de 1,5 milliard.

Dans le détail, les revenus des contributions directes reculent de 4,1% (-386 millions), les revenus des impôts indirects (dont la TVA) chutent de 1,4% (-7,7 millions) et les revenus des douanes et accises s’effondrent de 9,2% (-164  millions). Ce recul s’explique par l’importante baisse des ventes d’essence (-23,39%, soit 112,8 millions de litres) et de diesel (-21,14%, soit 460,6 millions de litres). Le léger rebond de croissance enregistré lors des deux derniers trimestres a permis une amélioration de 5,3% par rapport aux dernières prévisions de recettes de l’Administration centrale pour l’année 2020, établies dans le cadre du budget 2021.

Si les recettes baissent, les dépenses, elles, augmentent. Elles atteignaient, au 31 décembre 2020, 21,1 milliards d’euros, soit un dépassement de 1,2% (251 millions d’euros) par rapport au budget voté. Un dérapage qui s’explique – et se justifie – par la politique de soutien à l’économie face au Covid.

2,7 milliards d’euros d’investissements

937 millions d’euros ont ainsi été déboursés au titre du chômage partiel, 235 millions pour financer le congé pour raisons familiales extraordinaire et le congé pour soutien familial, 194 millions pour la gestion de la crise sanitaire et la santé publique, ainsi que 103 millions en matière d’aides directes non remboursables en faveur des microentreprises et indépendants. Les dépenses totales de l’Administration centrale en cette fin d’année tiennent également compte de l’imputation exceptionnelle de 386 millions suite à la prise en charge par l’État de certaines dépenses supportées par l’assurance maladie-maternité. Dans une optique contracyclique, les investissements publics ont augmenté de 27,4% sur un an, à 2,7 milliards d’euros.

Au final, le déficit de l’Administration centrale atteint 2,36 milliards d’euros, loin des prévisions qui tablaient sur une impasse budgétaire de 5 milliards. Étant entendu que ces chiffres restent provisoires et que l’exercice comptable 2020 ne sera clôturé qu’après l’écoulement d’une période complémentaire, «pendant laquelle des dépenses substantielles seront encore effectuées au titre de l’exercice 2020», précise l’Administration.

La dette publique atteint 26,5% du PIB, soit 16 milliards d’euros. «Le Luxembourg est ainsi le pays de la zone euro dont le niveau de la dette a le moins augmenté en 2020, tout en affichant le niveau de dette publique le plus faible après l’Estonie», précise le ministère des Finances.