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enquête

21.490 réactions au projet de stockage des déchets nucléaires



L’Europe presse la Belgique afin que celle-ci se positionne quant à ce qu’elle compte faire de ses déchets radioactifs. (Photo: Shutterstock)

L’Europe presse la Belgique afin que celle-ci se positionne quant à ce qu’elle compte faire de ses déchets radioactifs. (Photo: Shutterstock)

La mobilisation a été forte face à l’enquête belge menée dans le cadre d’un projet d’enfouissement de déchets nucléaires. Les réactions sont maintenant en cours d’analyse.

L’enquête publique menée en Belgique, et clôturée le 13 juin, quant au principe d’enfouir à terme les déchets radioactifs (classe B) et hautement radioactifs (classe C) dans le sous-sol, a suscité une avalanche de réactions. Cela alors que la procédure avait été entamée dans la plus grande discrétion.

40.000 signatures sur une pétition allemande

Paperjam a pu apprendre auprès de l’Ondraf (Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies), qui gère le dossier, que 21.490 remarques lui sont parvenues:

- 12.134 de Belgique, dont 59 par courrier;

- 9.356 depuis l’étranger, dont 113 par courrier. «Il ne nous est cependant pas possible de vous donner le chiffre précis de remarques venues du Grand-Duché», fait savoir l’Ondraf.

Ces chiffres ne sont cependant qu’un reflet partiel de l’opposition au projet. Parmi les courriers reçus de l’étranger figure ainsi une pétition qui, à elle seule, regroupe 40.000 signataires.

De plus, plusieurs avis d’instances officielles ont aussi été recueillis: le Conseil fédéral du développement durable, le Comité d’avis sur la procédure d’évaluation des incidences des plans et programmes susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement et l’Agence fédérale de contrôle nucléaire… Mais aussi les gouvernements régionaux. La Région wallonne et la Région bruxelloise ayant rendu un avis négatif.

Que va-t-il se passer maintenant? «Toutes ces réactions sont en cours d’analyse par l’Ondraf en vue de l’établissement de la déclaration légalement prévue et d’une proposition de politique de gestion à long terme des déchets des catégories B et C éventuellement adaptées sur la base de ces réactions», indique l’administration.

C’est la ministre de l’Environnement, Marie-Christine Marghem (MR), qui devra présenter le dossier au gouvernement, qui devra trancher. Et il y a urgence puisque l’Europe presse et menace même d’une sanction la Belgique qui doit se positionner quant à la solution qu’elle envisage pour ses déchets radioactifs: enfouissement ou stockage en surface. L’enquête de l’Ondraf devrait aider le gouvernement à choisir, les études d’incidence quant à une localisation et aux risques ne devant avoir lieu que par la suite.

La même étude en 2010, sans suite

Néanmoins, cette nouvelle enquête devait à nouveau analyser tout le territoire belge , même s’il est acquis de longue date que c’est la région flamande de Boom qui est la plus propice à accueillir les déchets. Cela fait en effet 40 ans que le problème est étudié. Une étude similaire avait d’ailleurs été menée en 2010, et un projet de loi écrit… Mais aucun gouvernement n’ayant voulu s’occuper de ce dossier politiquement sensible, tout était à refaire.

Toujours est-il que la manière de procéder a suscité la colère de la ministre de l’Environnement, du Climat et du Développement durable,  Carole Dieschbourg (Déi Gréng), qui a tiré la sonnette d’alarme, averti les bourgmestres belges et suscité la colère de la ministre Marie-Christine Marghem.

C’est aussi sans doute grâce à sa sortie médiatique que la mobilisation a été aussi forte au Luxembourg, en Allemagne et en France, les citoyens des pays voisins de la Belgique pouvant, eux aussi, faire part de leur avis. Ce qu’ils n’ont pas manqué de faire.