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covid et santé mentale

2020, l’année la plus stressante de l’Histoire



76% des salariés estiment que leur entreprise devrait en faire plus pour préserver leur santé mentale. (Photo: Shutterstock)

76% des salariés estiment que leur entreprise devrait en faire plus pour préserver leur santé mentale. (Photo: Shutterstock)

Future Workplace, spécialiste du développement des dirigeants d’entreprise et de leur accompagnement, et Oracle Cloud, fournisseur de services informatiques, ont commandé une enquête à l’échelle mondiale sur les effets du Covid sur la santé mentale. Certains résultats étonnent par leur ampleur.

Pour les salariés, l’année 2020 a tout simplement été la plus stressante de l’Histoire. Et c’est bien évidemment l’épidémie de Covid-19 qui est à la base de ce ressenti. Voilà une des conclusions tirées auprès de 12.347 personnes dans le monde entier (ndlr: mais pas au Luxembourg où une  étude du Statec a mis certains problèmes en lumière ), afin de comprendre les attitudes des dirigeants et salariés en matière de santé mentale, et concernant le rôle de l’intelligence artificielle en tant qu’aide potentielle. L’initiative est venue de Future Workplace, spécialiste du développement des dirigeants d’entreprise et de leur accompagnement, et d’Oracle Cloud, fournisseur de services informatiques.

Pour 70% des salariés, il y a eu plus de stress et d’anxiété

Et certains résultats étonnent par leur ampleur. Ainsi, 70% des sondés affirment avoir subi davantage de stress et d’anxiété au travail cette année. Face aux changements dans leur univers professionnel, 38% estiment que cela a généré plus de stress, 35% un déséquilibre entre vie professionnelle et privée, 25% un épuisement professionnel, 25% une dépression due au manque de socialisation, et 14% de la solitude. Des difficultés venues se cumuler aux facteurs de stress habituels: obligation de performance, gestion des tâches routinières…

La mauvaise santé mentale sur le lieu de travail déteint négativement sur la vie privée, estiment les salariés à 85%. Cela signifie un manque de sommeil (40%), une santé physique détériorée (35%) ou des relations familiales plus compliquées (30%).

Le travail à distance a aussi eu son effet: 35% des sondés estiment travailler 40 heures de plus par mois. Mais cette pratique permet aussi de consacrer plus de temps à sa famille pour 51% de ceux-ci.

Le but de l’enquête était aussi d’évaluer les attentes des salariés par rapport aux nouvelles technologies, toujours en lien avec la crise sanitaire, qui doivent être plus que des outils collaboratifs. Celles-ci doivent ainsi leur fournir de l’aide.

Ainsi, seulement 18% des sondés se tourneraient vers leur manager plutôt que vers des robots pour préserver leur santé mentale. Ces derniers sont vus comme ne jugeant pas (34%), impartiaux (30%) et capables de répondre vite (29%).

68% des salariés préfèrent parler à un robot plutôt qu’à leur manager

Dès lors, 68% des salariés préféreraient parler de leurs problèmes de stress et d’anxiété au travail à un robot plutôt qu’à leur manager! 80% sont favorables à l’idée d’avoir un robot comme thérapeute. 75% affirment que l’intelligence artificielle a contribué à améliorer leur santé mentale au travail. Pour 51% d’entre eux, l’IA a permis de raccourcir les semaines de travail et de prendre de plus longues vacances.

Les attentes demeurent grandes: 76% des salariés estiment que leur entreprise devrait en faire plus pour préserver la santé mentale des employés. Et 83% attendent une mise à disposition de technologies nécessaires pour ce soutien.

Pour les dirigeants, les enjeux sont aussi de taille puisque 42% des salariés estiment que stress et anxiété font baisser leur productivité. 40% disent que cela les a conduits à prendre de mauvaises décisions.

«La pandémie a placé la santé mentale sur le devant de la scène, c’est d’ailleurs l’une des principales préoccupations sur le lieu de travail de notre temps et elle le sera encore pendant la prochaine décennie. Les résultats de notre étude montrent à quel point ce problème s’est généralisé et pourquoi il est temps que les organisations commencent à en parler et à explorer de nouvelles solutions», conclut Dan Schawbel, managing partner de Workplace Intelligence.