POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

étude CSL

2 salariés sur 10 harcelés moralement au travail



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Des tâches dénuées de sens et les critiques permanentes au travail minent le quotidien des salariés. (Photo: Shutterstock)

La Chambre des salariés (CSL) vient de publier son étude «Quality of work index». Partant du constat que 18,1% des salariés luxembourgeois se sont dit harcelés en 2016, l’étude analyse les tendances du harcèlement. On y apprend notamment qu’hommes et femmes sont égaux face à cette problématique.

Près de 2 salariés sur 10 disent avoir subi du harcèlement moral au travail dans l’année écoulée (entre 12,4% et 18,1% entre 2014 et 2018). Des chiffres qui placent le Luxembourg en deuxième position sur le podium européen, juste derrière la France et avant l’Irlande. 

Peu d’amélioration au Luxembourg

L’étude menée par la CSL, en collaboration avec l’Uni, détaille les pratiques autour de cette problématique, qui prend de l’ampleur au Luxembourg. Le nombre de salariés se disant victime de harcèlement moral tend à stagner ces dernières années.

En 2014, 17,9% disaient avoir été touchés par le harcèlement au cours de l’année écoulée, alors que le taux atteint 16,6% pour 2018. Le pic étant en 2016, avec 18,1% des sondés victimes de harcèlement moral. Alors que 2015 et 2017 ont été des années plus clémentes, avec respectivement 14,4% et 12,4%.

Il existe toutefois plusieurs types de harcèlement moral. Celui qui est le plus fréquent au Luxembourg reste la critique régulière du travail, avec 8,1% des salariés qui y sont confrontés. Vient ensuite celui qui consiste à se voir attribuer des tâches dénuées de sens. Cela concerne 7,6% des sondés en 2018. Le fait d’être ignoré et les conflits entre collègues et avec la hiérarchie arrivent juste derrière. Enfin, le fait d’être ridiculisé au travail est moins fréquent et ne concerne «que» 2% des salariés. 

Le harcèlement n’est pas «genré»

Contrairement aux idées reçues, le harcèlement n’est pas une question de genre. Hommes et femmes sont égaux face à cette problématique. Par contre, les jeunes de moins de 24 ans sont plus exposés que leurs aînés. De même que les célibataires, qui sont plus souvent victimes de ce genre de comportement que les salariés en couple (20,3%, contre 14,4%). 

L’enquête révèle également que ce sont les salariés vivant en France et au Luxembourg qui sont les plus touchés par le phénomène: respectivement 17,6% et 16,5%. Alors que 14,5% des Belges interrogés estiment être harcelés, et 10,8% des Allemands. 

Enfin, la Chambre des salariés s’est également interrogée sur les métiers à risque en la matière. On remarque que ce sont les salariés qualifiés de l’industrie et l’artisanat et le personnel des services directs (vendeurs, commerciaux...) qui sont les plus souvent touchés par le harcèlement. S’il n’y a pas de différence significative entre les travailleurs en CDI et ceux en CDD, on note toutefois que les salariés à temps partiel sont moins concernés que ceux qui disposent d’un temps plein.