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Coronavirus

14 clients de LuxairTours bloqués à Tenerife



L’inquiétude a grandi en Espagne: après l’annulation du Mobile World Congress, un Italien a été diagnostiqué positif et des centaines de touristes ont été consignés dans leur hôtel à Tenerife. (Photo: Shutterstock)

L’inquiétude a grandi en Espagne: après l’annulation du Mobile World Congress, un Italien a été diagnostiqué positif et des centaines de touristes ont été consignés dans leur hôtel à Tenerife. (Photo: Shutterstock)

La situation continue à se tendre en Europe. Après l’explosion des cas de coronavirus en Italie, quatorze clients de LuxairTours sont en quarantaine dans un hôtel de Tenerife après qu’un Italien a été testé positif. Au Luxembourg, l’Université a invité son personnel à rentrer en cas de fièvre.

Un client italien du H10 Costa Adeje Palace, hôtel dans le catalogue de LuxairTours, a été testé positif au coronavirus, ce mardi. Dans l’attente d’un deuxième test, des centaines de clients ont été confinés dans cet hôtel, dont 100 Belges et une quinzaine de clients de la compagnie luxembourgeoise, a indiqué RTL à la mi-journée après avoir interrogé LuxairTours.

Selon le ministère des Affaires étrangères, quatre Luxembourgeois se trouvent dans cet hôtel. Mais l’inscription auprès des services diplomatiques n’est pas obligatoire.

Dans un communiqué, ce mardi matin , le ministère des Affaires étrangères indique qu’«il n’y a pas de recommandations spécifiques de la part de ces instances compétentes pour ce qui est des voyageurs en provenance de/à destination des régions italiennes concernées (communes de Codogno, Casalpusterlengo, Castiglione d’Adda, Maleo, Fombio, Bertonico, Castelgerundo, Somaglia, San Fiorano, Terranova dei Passerini, Vo Euganeo, Crema, Bergamo). Un report des déplacements non essentiels vers ces régions devrait toutefois être envisagé.»

Pas de mesures particulières pour le MAE

Selon le MAE, «il n’y a donc pas lieu d’envisager des mesures de rapatriement particulières et extraordinaires. Les autorités luxembourgeoises sont en contact régulier avec les autorités italiennes et prendront les mesures adéquates en fonction de l’évolution de la situation et dans le respect du principe de précaution.»

À 15 heures, la Direction de la santé n’avait publié aucune information complémentaire, après sa conférence de presse de la veille au soir.

Mais dans certains endroits, on s’organisait. Comme à l’Université du Luxembourg, où les personnels ont reçu un mail qui les invite, en cas de symptômes de la grippe, à rentrer chez eux «afin de minimiser le risque d’infecter les autres membres de la communauté. Veuillez vous surveiller de près et consulter un médecin si l’état de santé ne s’améliore pas.»

L’Université, qui dit suivre la situation de près avec les autorités, a aussi mis en place une adresse e-mail spécifique pour ceux qui auraient des questions supplémentaires.

Pas de contrôles aux frontières

À la mi-journée, les États membres ne semblaient pas décidés à rétablir un contrôle aux frontières après les cas en Italie. Une situation jugée inutile par le directeur de la Santé, Jean-Claude Schmit, lundi soir, lors de sa conférence de presse. Inutile parce que les postes-frontières ne sont pas équipés pour mener des contrôles de santé efficaces et parce que des touristes peuvent ne présenter aucun symptôme alors qu’ils incuberaient effectivement le virus.

Une mission conjointe du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), des experts de la DG Santé et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est rendue en Italie ce mardi. L’équipe d’experts se concentre sur la transmission du Covid-19 dans les zones touchées en Italie, sur la gestion clinique, la surveillance, le contrôle des infections et la communication des risques. Stella Kyriakides, commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, se rend à Rome, où elle rencontrera demain Roberto Speranza, ministre italien de la Santé, Hans Kluge, directeur de l’OMS Europe, et Andrea Ammon, directrice de l’ECDC.

232 millions d’euros européens

L’UE a décidé de débloquer 232 millions d’euros :

- 114 millions d’euros soutiendront l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en particulier le plan mondial de préparation et de réaction. Cela vise à renforcer la préparation et la réponse aux situations d’urgence en matière de santé publique dans les pays où les systèmes de santé sont faibles et dont la résilience est limitée. Une partie de ce financement est soumise à l’accord des autorités budgétaires de l’UE. 

- 15 millions d’euros devraient être alloués en Afrique, y compris à l’Institut Pasteur à Dakar au Sénégal, pour soutenir des mesures telles que le diagnostic rapide et la surveillance épidémiologique.

- 100 millions d’euros iront à la recherche urgente liée au diagnostic, au traitement et à la prévention, dont 90 millions d’euros qui seront investis dans le cadre de l’Initiative pour les médicaments innovants, un partenariat entre l’UE et l’industrie pharmaceutique.

- 3 millions d’euros alloués au mécanisme de protection civile de l’UE pour les vols de rapatriement de citoyens de l’UE depuis Wuhan, en Chine.

«Alors que le nombre de cas continue d’augmenter, la santé publique est notre priorité. Qu’il s’agisse d’améliorer l’état de la préparation en Europe, en Chine ou ailleurs, la communauté internationale doit travailler de concert. L’Europe est là pour jouer un rôle de premier plan», a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.