POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Conjoncture

10 leçons du Baromètre de la Chambre de commerce



Les entreprises de l’horeca et du commerce apparaissent comme les plus affaiblies par l’impact du coronavirus, dans le Baromètre de la Chambre de commerce. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Les entreprises de l’horeca et du commerce apparaissent comme les plus affaiblies par l’impact du coronavirus, dans le Baromètre de la Chambre de commerce. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Le coronavirus a affecté le tissu entrepreneurial luxembourgeois, mais à géométrie très variable, montre l’étude publiée jeudi. Comme pour le Statec , quelques lueurs d’espoir pointent à l’horizon.

Pour sa troisième édition, le Baromètre de l’économie de la Chambre de commerce signe le plus mauvais score de son histoire, avec 45,6/100. «Espérons que cette baisse restera inégalée pour de nombreuses années», écrit l’institution, qui a commandé ce coup de sonde réalisé début juin par l’institut TNS Ilres auprès de 431 sociétés de six salariés et plus.

1. Un seul secteur gagnant de la crise

Au cours du premier semestre de l’année, seuls les services financiers ont vu leur activité progresser au Luxembourg. À l’inverse, l’horeca, l’industrie et la construction ont été les plus affectés par la crise du coronavirus. Globalement, 7 dirigeants sur 10 estiment que la crise affectera leur chiffre d’affaires pour l’année 2020, de l’ordre de 29%. Mais cette part monte à 50% dans les hôtels, restaurants et cafés.

2. L’emploi préservé

Malgré le contexte difficile, près de 7 entreprises sur 10 prévoient de maintenir leurs effectifs au cours des six prochains mois. Seule une sur cinq prévoit de diminuer la masse salariale. La construction et les services financiers apparaissent comme les plus confiants en matière de création de postes, tandis que plus de la moitié des hôtels, restaurants et cafés anticipent des pertes d’emploi.

3. La confiance résiste

Près de 8 dirigeants sur 10 se montrent confiants, voire très confiants, quant à leur avenir à moyen terme. L’indicateur s’est toutefois dégradé en un semestre, puisque la part des entrepreneurs peu confiants en l’avenir est passée de 12% à 20% de l’ensemble. C’est dans la construction, les services financiers et l’énergie/environnement que l’optimisme est le plus fort, à l’inverse de l’horeca et du commerce.

La construction est le secteur où la confiance est la plus forte au Luxembourg. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

La construction est le secteur où la confiance est la plus forte au Luxembourg. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

4. La rentabilité en berne

La part des entreprises qui s’attendent à une baisse de leur rentabilité au cours du prochain semestre a été multipliée par près de 4 entre le second semestre 2019 et le premier semestre 2020. Elles sont désormais 43% à anticiper un recul, et cela, dans tous les secteurs d’activités, sur fond de contexte économique défavorable.

5. Des investissements gelés

Près d’un tiers des dirigeants envisagent de diminuer leurs investissements dans les six prochains mois, et ils ne sont que 16% à envisager une hausse. La Chambre de commerce voit dans cet indicateur un frein au développement et à la compétitivité des sociétés, en particulier dans les secteurs de l’horeca, du commerce et des entreprises industrielles, où les baisses d’intentions en matière de dépenses sont les plus sensibles.

6. Cher Covid-19

Plus d’une entreprise exportatrice sur deux a vu ses ventes à l’étranger diminuer sous le poids du Covid-19. En outre, les règles de distanciation sociale ont induit des coûts supplémentaires extraordinaires auprès des sociétés. 18% des entreprises connaissent d’ailleurs une facture de la distanciation supérieure à 10% de leurs dépenses totales. Sans surprise, les plus petites structures sont plus affectées au niveau de leur trésorerie.

Les mesures sanitaires impliquent des coûts supplémentaires pour les entreprises luxembourgeoises. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

Les mesures sanitaires impliquent des coûts supplémentaires pour les entreprises luxembourgeoises. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

7. Le télétravail reste pratiqué

Si 56% des effectifs disent connaître un travail dans les conditions habituelles début juin, près d’un salarié sur cinq au Luxembourg a recours au télétravail. La pratique est particulièrement utilisée dans la finance (46%) et les services hors finance (31%). À noter que 15% des travailleurs sont encore au chômage partiel, avec une surreprésentation dans l’horeca (45% des effectifs) et dans l’industrie (22%).

8. À l’affût des liquidités

En moyenne, les dirigeants ont vu leurs liquidités s’évaporer d’un tiers, mais la part monte à 80% dans l’horeca. Le Baromètre montre aussi qu’un peu plus d’un tiers des commerces affirment disposer des liquidités pour relancer leur activité et mener à bien les projets prévus en 2020. À titre de comparaison, cette part est de 77% dans les entreprises du secteur financier.

9. Des aides qui comptent

Près de 7 entreprises sur 10 ont fait appel au congé pour raisons familiales et au chômage partiel. En outre, plus d’une société sur 5 a reçu des aides directes non remboursables. Une tendance particulièrement marquée dans l’horeca (56%), la construction (32%) et le commerce (21%). Plus d’une firme sur trois affirme souhaiter recourir aux aides à l’investissement en faveur des projets de développement.

Les aides directes non remboursables ont profité en majorité au secteur de l’horeca. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

Les aides directes non remboursables ont profité en majorité au secteur de l’horeca. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

10. Et la relance?

Près de 4 entreprises sur 10 estiment que la fiscalité est une priorité absolue, il en va de même pour les cotisations sociales. Elles sont près de 8 sur 10 à réclamer une baisse de ces deux postes, qui arrivent en tête des doléances listées dans le Baromètre. Vient ensuite la baisse de la TVA, pour relancer la consommation des ménages (72%) devant le soutien aux investissements privés des entreprises (71%).